Témoignage d'un curé, en Normandie, en 1789
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La violence de ce témoignage d'un curé normand montre l'étendue de la haine que porte désormais le bas clergé à ses évêques. La guerre paraît bien ouverte entre les « pauvres curés » et les « hiérarques, postiches ronflant sur la laine du troupeau ».
« Nous, malheureux curés à portion congrue, nous, chargés communément des plus fortes paroisses, nous, dont le sort fait crier jusqu'aux pierres et aux chevrons de nos misérables presbytères, nous subissons des prélats qui feraient encore faire par leurs gardes un procès au pauvre curé qui couperait dans leurs bois un bâton, son seul soutien dans ses longues courses par tous les chemins... A leur passage, il est obligé de se jeter à tâtons le long d'un talus, pour se garantir des pieds et des éclaboussures de leurs chevaux, comme aussi des roues et peut-être du fouet d'un cocher insolent, puis, tout crotté, son chétif bâton d'une main et son chapeau, tel quel, de l'autre,de saluer humblement et rapidement, à travers la portière d'un char clos et doré, le hiérarque postiche ronflant sur la laine du troupeau que le pauvre curé va paissant et dont il ne lui laisse que la crotte et le suint ! »
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