Budget minimal d'un curé de campagne
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En 1790, le curé de Thezeils, du diocèse de Cahors, établit ainsi le budget minimal d'un curé de campagne : il faut, compte-t-il, 700 livres pour la nourriture (450 pour le curé seul, mais il ajoute les frais d'hospitalité : le médecin, le notaire, le chirurgien, de passage dans la paroisse, s'invitent toujours à sa table), 300 livres pour le chauffage et la chandelle, 250 pour l'habillement, 750 pour le cheval et deux domestiques (ce qui est beaucoup, notre curé veut tenir son rang !), enfin 120 livres de dettes à rembourser chaque année (il s'est endetté lors de son installation) soit environ 2 100 livres au total !
Bien sûr, des bataillons entiers de curés sont réduits à bien moins. La portion congrue, seul revenu fixe garanti au desservant de la paroisse (une manière de SMIC ecclésiastique), est fixée par édit royal. De 300 livres en 1690, on l'a portée à 500 en 1768 et à 750 en 1786, sans que ce dernier chiffre garantisse pour autant un pouvoir d'achat équivalent à celui de 1690.
De tels tarifs expliquent aisément la disette des prêtres . Les curés disposent certes de ressources complémentaires mais les rétributions perçues pour l'administration des sacrements sont d'un rapport par trop variable : à paroissiens pauvres, curé désargenté. Parfois, les morts sont une surcharge pour le curé, va jusqu'à déclarer un desservant à qui il arrive de payer de sa poche les frais d'enterrement.
Rien d'étonnant à ce que les doléances des congruistes réclament la suppression du cumul des bénéfices et une amélioration de leur sort par des ponctions sur les biens monastiques et capitulaires. Derrière le mot d'ordre de 1 800 livres pour tous la révolution des curés est en marche. Mais les richesses du haut clergé susciteront d'autres convoitises
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