Il existe plusieurs noblesses
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noblesse française 1789
En fait, il existe plusieurs noblesses, chacune jalousée ou dédaignée par les autres. La première, d'origine chevaleresque, la seule authentique, a dressé une barrière pour ne pas être confondue avec les autres ce sont les fameux « honneurs de cour », pour lesquels il faut prouver une noblesse antérieure à 1400. La deuxième se rapproche encore de cette tradition : ce sont les familles où l'on compte trois générations successives d'officiers ayant mérité la croix de Saint-Louis. Enfin, la troisième, la plus nombreuse, est issue de ces offices et charges anoblissants que la monarchie, qui fait argent de tout, vend pour remédier au déficit chronique du Trésor.
A côté de la noblesse de chancellerie, conférée par la charge de secrétaire du roi, et de la noblesse dite « de cloche », acquise pour les titulaires de charges municipales de 16 grandes villes, prospère une abondante noblesse d'offices, qualifiée aussi de « noblesse de robe ». Ces offices, ce sont ceux des 13 parlements, des 13 chambres des comptes, des deux Cours des aydes ainsi que des Cours des monnaies de Paris et de Lyon, sans oublier les conseils souverains de certaines provinces. Tout cela n'est rien, en comparaison des 40 bureaux de finance dont les charges anoblissantes ont soustrait la partie la plus industrieuse du Tiers au triste devoir de payer des impôts. Depuis François ler, et surtout depuis Louis XIV, la noblesse est vendue, comme un certificat d'égoïsme civique, à ceux qui veulent échapper à l'impôt. Sans dédaigner ses filles, la grande noblesse titrée n'a que mépris pour ces parvenus, les « robins ». Invités à visiter la galerie d'ancêtres d'un président au parlement de Paris, un grand seigneur laisse tomber, en voyant tous ces magistrats raides et pompeux : Quelle magnifique roture !
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La crise de la noblesse