Une surveillance étroite
rideau
retoure de varennes - louis 16 aux tuileries
Au retour de Varennes Louis XVI était comme destitué. L'Assemblée donna les consignes les plus strictes à la fois pour que la garde nationale protégeât sa personne et le tînt en surveillance étroite. Les Tuileries se transformèrent en camp militaire. Nul ne pouvait entrer dans le palais sans être fouillé. Ces mesures étaient à la fois rigoureuses, et insultantes à l'égard des personnes royales. Les chefs de bataillon avaient l'ordre de se tenir dans les appartements mêmes, en particulier dans le salon qui précédait la chambre à coucher. Les portes devaient rester ouvertes, même la nuit, afin qu'ils ne perdissent jamais de vue le roi et la reine, surveillant constamment leurs actes et leurs entretiens. La reine obtint cependant que sa porte fût fermée pendant qu'elle se lèverait et s'habillerait. Il advint qu'un des officiers osât l'injurier. Mais d'autres, comme Saint-Prix, qui était acteur au Français, allégeaient les consignes autant qu'il leur était possible. Cependant, les anciens domestiques purent reprendre leur poste, parmi lesquels Mme Campan. La reine la chargea de sa correspondance avec certains députés, notamment Barnave. Ce qu'elle rapporte de sa conversation avec la reine relativement à ce dernier montre l'évolution qui s'opérait en elle. Si, pendant le triste retour de Varennes, elle avait réussi à apprivoiser Barnave, il l'avait convaincue de la différence existant entre le parti constitutionnel, qui était le sien, et le parti républicain, celui de son collègue Pétion. Bref, Barnave était devenu pour elle une sorte de conseiller ; il prenait la suite de Mirabeau, mais il avait plus de séduction et savait inspirer confiance.
La Constituante avait prescrit une enquête sur les événements de Varennes. Elle était à la vérité dans un grand embarras. Les clubs, notamment celui des Jacobins, réclamaient la destitution de Louis XVI. On ne pouvait interroger le roi ; c'eût été le traiter en coupable et l'on voulait l'épargner. Il fut entendu que trois commissaires entendraient sa déclaration. Louis s'en tira, pour une fois, habilement : il répondit ce qu'on attendait de lui et, fort probablement, suivit en cela les conseils secrets de Barnave. Il déclara qu'il n'avait pas voulu émigrer, mais gagner Montmédy, afin de se soustraire aux menaces et aux outrages des clubistes et, par là, prouver à l'Europe qu'il était libre de ses actes. Qu'à Montmédy, il comptait prendre les dispositions utiles pour pallier tout risque d'invasion. Quant à Marie-Antoinette, elle se contenta de répondre qu'elle avait suivi son mari, comme c'était son devoir. Le 30 juin, l'Assemblée reçut une lettre de Bouillé se déclarant seul auteur du voyage de Varennes et menaçant les députés de terribles sanctions au cas où les personnes royales subiraient des sévices. Bouillé se sacrifiait pour sauver le roi et la reine, en se donnant le rôle d'ennemi public. Il fournissait sans le savoir le prétexte que l'Assemblée recherchait. La thèse qu'elle adopta fut que Louis n'avait pas agi de son propre chef, mais qu'on l'avait enlevé dans la nuit du 20 juin.
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