La fusillade du Champs de Mars
rideau
Pas une proposition ne se formula ayant pour objet la déchéance de Louis.
En revanche, telle proposition courait les clubs. Dès le 21 juin 1791, les cordeliers la mirent à l'ordre du jour : ils sollicitèrent les jacobins d'en délibérer. Brissot et Condorcet commencèrent une campagne contre l'« automate royal ».
Pétion était assez tenté de les suivre, encore qu'ébranlé par l'illusion flatteuse et un peu grotesque qu'il avait, dans la voiture de retour, inspiré un sentiment tendre à la soeur du roi, Madame Elisabeth. Mais Robespierre, circonspect, à son ordinaire, se prononçait contre toute tentative de « seconde révolution ». Cet avocat avait toujours peur d'être dépassé par les hommes à poigne, les oseurs, comme ce Danton qui, à cette heure, menait les cordeliers.
fusillade du champs de Mars
Les jacobins semblaient, par contre, déterminés en majorité à marcher. Une pétition réclamant le jugement du roi et l'organisation d'un nouveau pouvoir exécutif y avait été portée. Un schisme s'était alors déclaré : les Lameth, Sieyès, Barnave avaient, en protestant bruyamment, quitté le club pour fonder, au couvent des Feuillants, une société rivale, secouant la poussière de leurs semelles sur ce mauvais lieu, comme écrit Rabaut, où l'on parlait d'établir je ne sais quelle république.
Les jacobins, délestés de leurs modérés. avaient décidé de soutenir la pétition. Elle serait solennellement portée sur l'autel de la Patrie, au Champ-de-Mars, le surlendemain 17.
La Fayette marcha sur le Champ-de-Mars avec quelques bataillons. La foule les nargua : la populace était, depuis deux ans, habituée à voir les fusils s'abaisser devant elle. Mais la bourgeoisie était, avec raison, alarmée; les gardes nationaux en avaient assez, fort mécontents d'être sous les armes par une chaude journée de dimanche; La Fayette avait entraîné Bailly qui, aussi bien, devait être là. Celui-ci fit déployer le drapeau rouge, enseigne de la loi martiale.
Une volée de pierres accueillit général, maire, garde et drapeau. La garde, cependant, fit en l'air sa première décharge : un énergumène répondit à ce geste relativement pacifique en tirant sur La Fayette; les soldats énervés, à l'instant, firent une décharge qui, dans la foule, creusa de gros trous.
Ce fut alors une débandade éperdue : la cavalerie chargeait; la foule, entraînée à l'audace par l'impunité, puis à l'instant désillusionnée cruellement, se dispersait en fort mauvais arroi : les curieux se sauvaient, mourant de peur. Si, le 13 juillet 1789, Lambesc avait fait ce que fit, ce 17 juillet 1791, ce « démocrate » de La Fayette, jamais la Bastille n'eût été prise.
Le lendemain, on procéda à des arrestations. Les principaux factieux, Danton, Desmoulins, Fréron, Marat et Robespierre se cachèrent ; on ne fit rien pour les arrêter.
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