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Détruire
tous les symboles
de l'Ancien Régime

Quand les communes se débaptisent
(1789-1793)

Abolir la transmission des valeurs dénommées « d'Ancien Régime » et créer de nouvelles solidarités révolutionnaires afin d'empêcher le retour du passé constituèrent, de 1789 à 1794, l'un des objectifs de la Révolution.

Les abus de l'ancien temps

la destruction des symboles de la royauté
Dans les premiers temps de la Révolution, les patriotes, qu'ils fussent de la noblesse, de la bourgeoisie ou du peuple, dénoncèrent de manière unanime et avec véhémence les abus de l'ancien temps. Nombreuses furent les plaintes qui affluèrent sur les bureaux des comités de l'Assemblée nationale constituante.
Ainsi, le 20 juin 1790, le citoyen Bouche, député des états généraux de la sénéchaussée d'Aix, s'indigna devant ses collègues que dans sa province plusieurs ci-devant seigneurs avaient eu la vanité de donner leur nom de famille à des paroisses. A force d'argent ou de bassesses dans les antichambres de ministres, ils étaient parvenus à obtenir des arrêts du Conseil royal qui ordonnait à ces communautés des noms nouveaux, sous peine d'amendes considérables. Ce fut le cas de Saint-Liébant en Champagne qui dut,. en 1717, s'appeler Estissac du nom d'une terre de M. de La Rochefoucauld ( à gauche ).
Suite à ces récriminations, l'Assemblée nationale constituante décréta que les villes, bourgs et paroisses auxquels les ci-devant seigneurs ont donné leur nom de famille sont autorisés à reprendre leurs anciens noms. Dès mars 1790, des communes avaient devancé les représentants de la nation en reprenant leur nom d'antan.

La monarchie s'écroule

M. de La Rochefoucauld
10 août 1792 : les canons tonnent aux Tuileries ; la monarchie de droit divin vient de s'écrouler. Dès lors, la volonté de détruire tous les symboles de l'Ancien Régime allait déferler et submerger d'innombrables localités de France. Le 5 septembre 1792, une députation de Bourg-la-Reine (Hauts-de-Seine) annonça qu'elle désirait prendre le nom de Bourgl'Egalité. Le soir même, les législateurs en adoptaient le principe. A partir de ce jour et jusqu'au 14 brumaire an II (4 novembre 1793), un flot ininterrompu de décrets témoigne de l'importance du phénomène.
La révolution démocratique, populaire et, par certains aspects, totalitaire de 1793 voulait bouleverser toutes les valeurs établies. Environ 4 000 noms nouveaux furent enregistrés, l'immense majorité des communes se passant bien souvent de permission pour débaptiser.
Comme entre 1790 et 1792, mais beaucoup plus systématiquement, les noms de saints, de seigneurs et de châteaux fournirent les principales cibles. Ces changements furent demandés pour la majeure partie par les Sociétés populaires. La Convention autorisa de ce fait Bar-le-Duc à devenir Bar-surOrnain (Meuse), Fontenay-le-Comte, à prendre le nom de Fontenay-le-Peuple (Vendée), Nogent-le-Roi celui de Nogentla-Haute-Marne, Bucy-le-Roi celui de Bucy-la-République... les exemples pullulent.
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