La dîme, mal vue du peuple
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Le bas clergé est logé à la même enseigne que les paysans. « Nous avons dans les campagnes beaucoup de curés mal rétribués, déclare le clergé de Bessigny, personne n'ignore que la plupart sont à portion congrue ; d'ailleurs il y a beaucoup de villages sans curé et même sans prêtre résidant, à raison de la dureté de certains gros décimateurs qui exposent les ministres à une indigence personnelle, à être témoins de la misère de leur peuple et qui, dans ces scènes affligeantes, n'ont que des larmes impuissantes à leur offrir ; encore si le malheureux rendait justice aux sentiments de son pasteur !
Mais non : dans son abandon, il l'accuse souvent de dureté et d'avarice. Qu'il serait à désirer qu'on pût remédier à tant de maux ! »
clergé en 1789
Les membres du haut clergé, affirment les paroissiens d'Aix, sont sortis de leur « ancienne façon de vivre modeste et frugale. La somptuosité de leurs palais, de leurs tables et de leurs équipages, exige une réforme. On pourrait y parvenir en retranchant leurs revenus.
« Les religieux appelés mendiants sont à la charge de la société qui est obligée de les nourrir par ses aumômes. Cette charge a été portée avec plaisir tant qu'on les a vus s'occuper à l'instruction du peuple et à son édification. Aujourd'hui ces corps sont remplis de membres, la plupart ignorants, oisifs et conséquemment inutiles à la religion et à la société. »
Or, on fait remarquer dans la sénéchaussée de Limoux :
« le clergé, indépendamment de ses propriétés, perçoit le dixième des fruits de nos terres... (c'est la dîme) ». Lorsque nos ancêtres firent de gré ou de force ce magnifique présent à leurs prêtres, c'était pour fournir à leur subsistance et distribuer le superflu aux pauvres ; mais, hélas ! que leurs volontés sont mal exécutées ! Notre curé est sourd aux gémissements des nécessiteux dont cette paroisse fourmille. »
citadins-msère-1789
La misère est grande aussi chez certaines classes de citadins, tels les menuisiers de Saint-Maixent qui gémissent
« Notre corps de métier étant ensemble, nous avons pris les gains que nous pouvions faire par jour ; les uns ont répondu qu'ils pouvaient gagner 3 sols, les autres 4, les autres 5, le plus a monté jusqu'à 10 sols.
« Représentez-vous le plus haut prix : si un homme gagnant 10 sols par jour peut élever sa pauvre famille, en payant le pain bien cher, les maisons très petites pour 10 écus, le cent de petits fagots revenant à 10 écus aussi, être sujet aux réparations du grand chemin ou, si on ne paie pas, on aura la garnison, et beaucoup de pauvres gens n'ont pas de pain pour eux... Notre pauvre métier est de si peu de gain qu'il faut que beaucoup aillent sur les campagnes les dimanches et jours de fêtes pour mendier leur pauvre vie ; ils sont au dépourvu de tout vêtement depuis les pieds jusqu'à la tête...
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