Appel à la guerre sainte
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Dans la nuit du 29 au 30 vendémiaire an VII (20 au 21 octobre 1798), une trentaine de cheikhs et d'émissaires des mamelouks s'étaient réunis clandestinement à la mosquée d'El-Azaar pour fixer, jusque dans les moindres détails, les modalités de l'insurrection. Ils avaient décidé que celle-ci éclaterait le lendemain.
Le 21 octobre, à l'aube, les muezzins montèrent aux balcons de leurs minarets. Mais au lieu d'appeler les croyants à la prière, ils les avaient exhortés à la guerre sainte. La ville était entrée aussitôt en effervescence. Des rassemblements se formèrent sur le seuil des mosquées, où des agitateurs se mirent à les haranguer. La foule leur répondit tantôt par un grondement sourd, tantôt par de bruyantes approbations.

Une première démonstration eut lieu contre les boutiquiers des soukhs : de gré ou de force, on obligea leurs propriétaires à fermer leurs échoppes. Puis un groupe de manifestants marcha sur la maison du cadi Ibrahim Ekhtem, un vieux magistrat d'une haute moralité, connu pour ses sentiments profrançais.
Ils le sommèrent de les accompagner chez Bonaparte, sous prétexte de lui remettre une protestation contre la levée de nouveaux impôts. Ibrahim s'y étant refusé, il fut assommé à coups de gourdin. A peine le cadi eut-il rendu le dernier soupir que des incendiaires commencèrent à mettre le feu à sa demeure. C'était le signal qu'attendaient les insurgés.

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La révolte du Caire