Les réquisitions de la Grande Armée
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requisition de la grande armee de napoleon

Le sous-lieutenant Rilliet, du le, cuirassiers, donne un aperçu de la façon dont les réquisitions sont faites : « Je partis avec un détachement de 25 cavaliers, 2 brigadiers et un maréchal des logis. Nous devions requérir de l'avoine, de l'orge et des bestiaux. Nous avions une série de villages à parcourir et à mettre à contribution. On comprend que cela ne se faisait sans de grandes jérémiades de la part des habitants; c'était surtout le départ des bestiaux qui les navrait ! Nous procédions avec autant d'ordre et de modération que possible. Lorsque nous avions rançonné un village, nous requérions des chars pour charger notre avoine, nous y attachions les bestiaux et nous allions plus loin. »

En novembre 1806, Napoléon, qui est à Berlin, dénonce l'indigence des magasins de vivres qui n'ont que huit jours de stocks. Les difficultés se font le plus sentir en Pologne car le pays est pauvre. L'Empereur fait aménager à Varsovie une manutention pouvant fabriquer, chaque jour, avec trente fours et deux cents boulangers, 400000 rations de pain. La manoeuvre de Bennigsen sur le nord de la Pologne impose à Napoléon de déplacer ses troupes, et les vivres doivent suivre ; chaque corps emporte quatre jours de vivres, la viande sur pied, et les quintaux de farine dans les caissons de l'entreprise Breidt chargée du transport.

pillage du soldat de napoleon
Les paysans polonais cachent la nourriture dans les bois, à la cime des arbres ou dans des trous recouverts de terre et de branches. De nouveaux soldats vont naître : les sondeurs. « Quand nos soldats supposaient avoir trouvé une cachette, ils enfonçaient leurs baguettes de fusil dans le sol avec l'habileté d'un employé d'octroi fouillant une voiture ; quant à la cachette, ils la trouvaient en arrosant le sol. A l'emplacement du silo à pommes de terre, l'eau était plus rapidement absorbée. » Cette pratique est confirmée ar le capitaine Vincent Bertrand: « Nos détachements comprenaient toujours des hommes en armes, sac au dos, et d'autres sans armes, munis de sacs de toile, de pioches, de pelles et de baguettes de fusil. Nous appelions ces derniers les sondeurs. Ils avaient pour mission de sonder le terrain pour découvrir les caisses ou barils cachés en terre. Dès que la baguette de fusil avait rencontré une résistance, les piocheurs et les pelleteurs se mettaient à l'oeuvre et l'on trouvait ainsi des caisses contenant de la farine, du lard, des viandes salées, des légumes secs, des pommes de terre. »
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