La faim fait surmonter bien des dégoûts ...
rideau
repas d'un soldat de napoleon

Le musicien Girault raconte dans ses Mémoires ses problèmes de nourriture dans l'île Lobau : . Je trouvai un bidon de graisse ; puis comme dans le village (Essling), il y avait beaucoup d'oies qui avaient été plumées la veille et vidées par les premiers arrivants, je ramassai parmi les débris, des foies et des coeurs qu'on avait dédaignés et qui furent pour moi les éléments d'un bon fricot où la graisse ne manquait pas. Un de mes confrères avait trouvé de la farine, nous en fîmes une galette que nous fîmes cuire dans la cendre. Notre festin, quoique bien modeste, attira cependant des convives. ( ...) J'avais l'estomac bien vide et le corps bien faible. Il me restait ta moitié d'un biscuit. Je le partageai avec mon camarade, ce qui ne fit qu'aiguiser notre appétit, puis j'allai à la découverte. Je trouvai des soldats qui étaient en train de dépecer un superbe cheval de cuirassier. Je me mis de la partie, et comme j'avais un bon couteau, je parvins à enlever un bon morceau de cuisse. Je courus montrer à mes camarades ma provision qu'ils auraient prise pour de la viande de boeuf si j'en avais enlevé la peau. Il s'agissait de la faire cuire, pour cela il fallait un vase quelconque et nous n'avions rien. On chercha, et l'un de nous, apporta un espèce d'arrosoir qu'il avait trouvé sur le sac d'un soldat mort. Nous fîmes du feu, et au bout de deux heures, nous nous mîmes à manger notre viande à moitié cuite et sans sel. Ce n'était pas bon et j'en mangeai bien à contrecoeur, mais la faim fait surmonter bien des dégoûts. »

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Manger, souçis quotidien