Des Grognards tellement avinés ...
rideau
du vin pour les grognards

A Madrid on distribue, sur le papier, 30000 rations journalières à une garnison évaluée à 8000 hommes et 3500 malades. L'Espagne fournit beaucoup de vin et le soldat français, qui ne reçoit rien à manger, boit trop. Naylies écrit : « Semblables à de vieux tonneaux, nos hommes étaient tellement avinés qu'ils ne se grisaient plus. » Quant au mémorialiste Angebault, il ajoute: « [...] les soldats étaient si habitués au vin qu'on ne voyait presque pas d'ivrognes. Nous nous procurions d'énormes poissons qui n'avaient presque pas d'arêtes, nous les faisions cuire dans des marmites remplies de vin et de sucre avec force oignons et persil; le poisson tombait en gelée et nous mangions le tout comme une soupe avec des cuillers. » Les troupes, présentes en Andalousie ou en Estramadure, sont complètement abandonnées à elles-mêmes pour l'obtention de vivres; d'ailleurs, comment les convois pourraient-ils passer au milieu des bandes armées ? A l'inverse, l'ordre règne en Aragon, où Suchet administre la province avec rigueur. Dans le reste de l'Espagne, c'est la misère : les soldats anglais, espagnols et français pillent pour se nourrir et les paysans espagnols ne cultivent que le strict minimum. Certains soldats mangent de l'âne ou de la tortue, mais ces nourritures ne constituent pas la règle.

anecdote
accueil
Accueil
Manger, souçis quotidien