Le fusil et le sac des Grognards de Napoléon
rideau
maniement du fusil d'un grognard

Long de 1 mètre 52, il pèse 4 kilos 375 ; son calibre est de 17,5 millimètres ; ses garnitures sont en fer.
La manoeuvre en est lente : le tireur ouvre d'abord le bassinet, puis ayant déchiré la cartouche avec les dents, remplit de poudre le bassinet et le referme. Il verse ensuite le restant de la charge de poudre dans le canon et bourre par deux fois l'enveloppe de la cartouche avec la baguette, introduisant la balle entourée des deux épaisseurs de papier.
Il arme alors le chien, dont le silex, quand il est de bonne qualité, suffit pour cinquante coups. Les balles de plomb sont de vingt à la livre . La poudre dite « de munition» est aussi bien utilisée pour les armes portatives que pour le service de l'artillerie : c'est un mélange de trois quarts de salpêtre, un huitième de charbon, un huitième de soufre, en grains relativement gros, trois cents à quatre cents au gramme. Elle encrasse rapidement le canon du fusil, qui doit être lavé au chiffon après cinquante ou soixante coups, puis séché et graissé.
La vitesse d'un tireur exercé était de deux coups-minute, et le silex « ratait» en moyenne une fois sur quinze, ce qui était considéré comme honorable.
Le tir était précis entre cent et deux cents mètres, et encore efficace jusqu'à quatre cent cinquante ou cinq cents mètres ; l'arme ne comportant pas de hausse, le soldat tirait alors un peu au jugé, en faisant une correction avec son pouce gauche. Aucune protection de la platine n'étant prévue, le soldat la mettait à l'abri de l'humidité en l'entourant de chiffons ou du mouchoir.

Les textes élaborés dans les bureaux de l'administration énuméraient de manière très complète les effets qui constituaient l'habillement et l'équipement des troupes. Voici, à titre d'exemple, la liste des objets contenus dans le porte-manteau des cavaliers, d'après un projet de règlement sur l'habillement, l'équipement et l'armement des troupes à cheval de la République française proposé sous le Directoire, par les généraux Bourcier et Kellerrnan : une culotte de rechange, une paire de bas, deux mouchoirs, un bonnet de nuit, une paire de manchettes de bottes, une trousse garnie de fil, aiguilles, ciseaux, rasoir, alêne, fil gros et peigne à cheveux, une vergette, le gilet d'écurie, le bonnet de police, le sac à poudre, du blanc et du jaune pour les buffleries, de la cire à giberne, des boucles de souliers, un pinceau pour blanchir la bufflerie et le livret de décompte des effets ! Le rabat qui fermait le porte-manteau en le recouvrant était appelé poche de bavette ; ladite poche contenait : la brosse à cheval, l'étrille, l'éponge, le peigne à cheval, les souliers, le bridon d'abreuvoir, l'époussette, les gueulards ou musettes, la boîte à cirage. Le sac de distribution et la culotte d'écurie étaient placés entre le recouvrement et le porte-manteau ; enfin, les tordes à fourrage étaient pliées et ficelées en carottes et attachées entre le troussequin de la selle et la charge du cavalier. Nous verrons qu'en temps de guerre, les soldats étaient loin de posséder des équipements aussi complets !

anecdote
accueil
Accueil
Habillement et bivouac