Bivouacs et corvées en campagne
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organisation du bivouac des soldats de la garde

Dormir ! Pour le soldat en campagne, il n'est pas question de se montrer difficile. Un toit, ce n'est, la plupart du temps, pas la peine d'y compter, d'autant que tout ce qui est susceptible d'offrir un abri est généralement démoli pour alimenter le feu du bivouac. Hormis celle des haut gradés  et encore ! La situation est la même, ou peu s'en faut, pour le simple soldat et l'officier subalterne.
Ainsi, trois jours avant la bataille d'Eylau, un des aides de camp du maréchal Augereau, a le rare bonheur de trouver une grange accueillante et une confortable botte de paille. Il s'endort paisiblement. Son sommeil est troublé par des bruits divers et des objets tombant sur le manteau dont il s'est enveloppé. Habitué à l'inconfort de la vie en campagne, il s'obstine dans son sommeil jusqu'à ce qu'un froid intense le morde. Cette fois, il ouvre les yeux, et que voit-il ? Rien d'autre que la voûte brumeuse d'un brouillard épais. De son refuge, hormis les poteaux auxquels sont attachés les chevaux, il ne reste rien. Les troupes cantonnées dans le voisinage ont tout simplement cannibalisé la grange : le chaume a nourri les montures des cavaliers et le bois a permis d'allumer le feu et de faire bouillir la marmite. Exquise délicatesse : les démolisseurs ont pris soin de ne pas éveiller le dormeur

bivouac au temps de Napoleon

Dans les simples bivouacs, les hommes mangent et dorment autour du feu avec comme couverture le manteau Ou la capote, et comme oreiller le sac à dos ou le portemanteau chez les cavaliers. Cette méthode, agréable aux beaux jours, devient vite un enfer par temps de pluie ou de neige el le réveil est particulièrement difficile : membres engourdis, reins brisés, courbatures, mâchoires resserrées, moustaches mouillées de rosée !
Durant la marche qui précédait l'arrivée au bivouac, les corvées étaient réservées aux nouveaux venus dans les corps, Ainsi, le futur capitaine Desboeufs raconte qu'avant Marengo, en plus de ses objets personnels, il portait une pioche, trois piquets, une grosse marmite, un morceau de viande et un petit sac de sel. Quand les régiments étaient arrivés à la portion de terrain désignée par le général de brigade pour installer le bivouac, on plaçait immédiatement des sentinelles et on formait des faisceaux d'armes ; les soldats déposaient ensuite les sacs à dos en rond derrière eux pour indiquer l'emplacement où chaque groupe passerail la nuit. sur le terrain, Le corps d'avant-garde bivouaquait ordinairement sans abri et il ne lui était. guère permis de s'écarter.
Parfois, l'ordre était donné à 20 hommes par compagnie d'aller chercher dans les villages voisins du bois, de la paille et des vivres. Après cela, les soldats quittaient souliers, guêtres, uniforme, et, vêtus de la simple capote et du pantalon de toile, se rendaient aux vivres, au bois, à l'eau.

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