L'entraînement au feu des chevaux
rideau
cavalier de la grande armee

Parfaitement décrit dans les Institutions militaires à l'usage de la cavalerie et de dragons, ouvrage de Monsieur de La Porterie publié en 1754, cet entraînement long et fastidieux ne devait avoir guère varié sous l'Empire, si ce n'est qu'il avait probablement été simplifié. Il consistait à associer systématiquement les bruits, Ies odeurs et les mouvements du combat aux distributions de nourriture : on tirait des coups de pistolet à blanc, puis on faisait renifler les bassinets aux chevaux, on leur agitait au-dessus de la tête des étoffes de différentes couleurs attachées à des perches, on faisait sonner les trompettes, tout cela pendant qu'ils mangeaient, Il serait trop long de décrire ces méthodes en détail, mais voici, à titre d'exemple, la méthode pour dresser un cheval très craintif :« Une dernière ressource pour gagner un cheval fort difficile à accoutumer au feu, c'est de prendre un peu d'avoine dans un crible qu'on enveloppe d'une couverture d'écurie; on met le cheval en dehors de l'écurie vis-à-vis de la porte : on lui présente le crible et on lui laisse manger un peu d'avoine; pour lors quand il aura le nez dans le crible, on bridera les amorces par dessous, en passant le pistolet dans la couverture. La fumée de l'amorce, qui n'aura d'autre jour que les trous du crible, passera au travers et ira dans les narines du cheval, ce qu'il supportera avec le temps par l'envie de manger son avoine et d'entrer dans l'écurie : deux objets attrayants pour lui et par lesquels on peut en venir à bout. »
Même si ces exercices n'étaient pas très agréables, ils étaient absolument nécessaires pour éviter, les jours de bataille, que les chevaux paniquent, sèment une confusion difficilement rattrapable et se fassent tuer en grand nombre : à Wagram, le régiment d'artillerie à pied saxonne perdra 41 chevaux I

anecdote
accueil
Accueil
Conscrits et chevaux