La dure vie des cavaliers
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vie d'un cavalier au premier empire

La vie de quartier n'est donc pas de tout repos pour le cavalier et elle offre parfois des surprises, comme le raconte Abbeel, du 2e carabiniers, en 1807 : « Dès notre arrivée, les anciens échangèrent nos jeunes montures contre leurs vieilles rossinantes; c'était, parait-il la coutume. »
Un témoignage sur la dure vie du cavalier nous est fournit par Stanislas Gérard. garde d'honneur. Il raconte ses aventures en février 1814: « Le service devenait très dur; il fallait se lever dès le matin, aller à l'appel, panser les chevaux au grand air pendant une heure et demie, les étriller, bouchonner, épousseter, brosser, peigner, etc..., quelquefois les éponger; faire boire par escouade, donner l'avoine, ensuite la paille. N'ayant point de feu dans nos chambres, nous étions forcés par le froid de rester à l'écurie. A 10 heures on mangeait la soupe; ceux qui ne se trouvaient pas là s'en passaient : c'est ce qu'on appelle se brosser le ventre. A 11 heures, on faisait l'appel pour aller au fourrage, nous y allions en rang et au pas; le magasin était très loin, nous attendions longtemps devant; on nous servait par escouade, chaque garde portait quatre bottes; il fallait y retourner pour la paille. Ensuite se faisait l'appel à 2 heures et le pansement des chevaux. Vers 4 heures nous allions au pain et nous revenions souper. A 7 heures du soir on faisait l'appel dans les chambres et il fallait être tous couchés si on n'avait pas envie d'aller le lendemain à la salle de police; chaque manque à l'appel était puni suivant la partialité des chefs; les corvées que l'on faisait étaient strictes.
« Les gardes d'écurie se montent à tour de rôle et commencent à midi. A cette heure on donne le foin; il faut toujours balayer, relever la litière, empêcher les chevaux de se battre, préparer l'eau pour les faire boire, aller chercher l'avoine. Puis on vous apporte la ratatouille pour souper à l'écurie. A l'entrée de la nuit il faut faire la litière, donner le foin, ensuite la paille. On couche près des chevaux, et dès le matin on relève la bonne litière, on enlève le fumier et on le porte au loin; l'écurie est ensuite balayée pour le moment de l'appel, sans quoi on doublerait le temps de garde d'écurie. »

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