Le sort et l'évacuation des blessés
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soldat de napoleon blesse

Les blessés demeurent là où ils sont tombés, s'ils ne peuvent s'écarter du lieu du combat par leurs propres moyens : la règle est formelle. A la veille de chaque bataille, l'ordre du jour, commenté par les officiers au bivouac, ne manque pas de rappeler qu'il est interdit sur l'honneur de quitter les rangs au cours du combat pour porter secours aux blessés, et encore plus de les transporter à l'arrière. On a trop souvent vu des soldats compatissants se mettre à trois ou quatre pour porter des blessés vers une ambulance problématique... puis oublier de rejoindre ensuite leurs camarades sur la ligne de feu.
Ces malheureux doivent donc attendre que la bataille s'éteigne pour espérer un secours. La nuit tombée, leurs appels retentissent, auxquels répondent parfois des camarades cependant exténués, qui consentent à les rassembler auprès des feux allumés ici et là, jusqu'au lever du jour.

evacuation d'un grognard blessé

Sur le terrain, le service de santé doit souvent se "débrouiller seul et organiser ses ambulances et hôpitaux de campagne dans des abris plus ou moins élaborés. Les blessés les moins touchés s'y traînent par leurs propresmoyens, ceux qui sont gravement atteints sont ramassés, La pénurie de personnel spécialisé oblige les soldats à transporter les blessés, ce qui deviendra, par la suite, formellement interdit afin de ne pas dégarnir les rangs. Parfois, ce sont les musiciens du régiment qui font office de brancardiers, A Lützen et à Bautzen, on verra des civils transporter les malheureux blessés dans des brouettes et les conduire chez eux pour les soigner. Le transport, quand il est possible, est effectué à l'aide de branchages rapidement transformés en brancard, mais, le plus souvent, c'est le fusil qui sert de siège! Le blessé est ainsi transporté tant bien que mal jusqu'à "l'hôpital de campagne.

Après le combat de Mojaisk, le 9 septembre 1812, un blessé se présente à l'ambulance. C'est un chasseur à cheval qui vient de recevoir, de la part d'un cosaque, un coup de pique sur le côté interne de l'oeil gauche. Le coupa été porté si profondément, si violemment et de façon si extraordinaire que le globe de l'oeil a sauté hors de l'orbite, entraînant les muscles et le nerf optique! Fort curieusement, tout cela n'est pas détérioré et saigne à peine. L'oeil souillé de terre est lavé à grande eau, puisreplacé dans son orbite en le main- tenant avec quelques griffes; quelques compresses d'eau froide et un bandage terminent l'intervention!
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