Plutôt morts que scalpés
rideau
clotilde

J'aime mieux les voir morts que tondus . » C'est par ce cri horrifié que Clotilde répond aux envoyés de ses fils Clotaire et Childebert. Ils viennent de lui proposer de tonsurer ses trois petits-enfants. La phrase, prononcée il y a mille cinq cents ans, paraît incongrue, et rend incompréhensible la réaction de Clotilde. Veuve de Clovis en 511, la reine est retirée à Tours. Il lui reste deux fils, Childebert et Clotaire, qui se sont partagé le royaume de leur père et celui de leur frère aîné Clodomir. Ce dernier est mort en 524 lors de la bataille de Vézeronce qui l'opposait à ses cousins burgondes. Il laisse trois fils, Théodoald, Gonthier et Clodoald, qui furent confiés à leur grand-mère en attendant d'être en âge de recevoir l'héritage de leur père. Or, leur majorité, 14 ans, approche. Mais les deux oncles, qu'aucun scrupule n'arrête, veulent garder l'héritage de Clodomir. Pour cela ils décident tous deux de supprimer les enfants. Par l'assassinat? Non. Par le scalp !
Si la tonsure est synonyme de scalp, beaucoup plus douloureux qu'un simple rasage, on comprend mieux la réaction de Clotilde. Mais pourquoi préfère-t-elle voir ses petits-enfants morts que tondus ? Quel curieux choix que de mettre dans la balance la perte de cheveux et la mort. Et pourquoi Clotaire et Childebert, voulant se débarrasser de leurs neveux, privilégient-ils le scalp à la mort? La réaction de la reine entraîne des effets immédiats: deux des enfants sont égorgés sur-le-champ. Le plus jeune, Clodoald, le futur saint Cloud, ne doit son salut qu'à un serviteur de Clotilde qui l'écarte in extremis du pugilat familial. Cloud,  cependant, ne garde la vie qu'en acceptant la tonsure et en prenant l'habit religieux.

anecdote
accueil
Accueil
Les Mérovingiens