Les Mérovingiens... Tous polygames.
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mérovingiens polygames

Mon maître a fait de sa servante ce qui lui a plu et l'a introduite dans son lit. Pour mettre un comble à son bienfait, que mon maître le roi veuille écouter ce que suggère sa domestique. Daignez, je vous prie, désigner pour ma soeur, qui est votre esclave, un mari bien doué et fortuné pour que je ne sois plus humiliée.
C'est en ces termes, selon Grégoire de Tours, auteur d'une célèbre Histoire des Francs, qu'Ingonde s'adresse à son époux le roi Clotaire, fils de Clovis, qui l'aime «d'un amour exclusif ». Qu'à cela ne tienne ! Entendant ces paroles, Clotaire, qui est débauché à l'excès, se rend à la villa où réside la soeur d'Ingonde appelée Aregonde, s'en flamme d'amour pour elle et l'épouse. Puis il revient auprès d'Ingonde et lui dit: j'ai résolu d'accorder la grâce que ta douceur m'a demandée. Et en cherchant l'homme riche et intelligent que je devrais marier à ta soeur, je n'ai rien trouvé de mieux que moi-même.
Grégoire de Tours signale que Clotaire eut sept fils de diverses femmes, A savoir Ingonde, Aregonde et Chunsine. A ces trois épouses, il faut adjoindre Radegonde,  la sainte qui ne supportant plus un tel mari s'enfuit et fonde le monastère de Sainte-Croix Poitiers.

Tous ces exemples concernent la haute aristocratie. Les paysans, qui constituent l'immense majorité de la population, ne sont pas concernés par les alliances familiales, si bien qu'on ne trouve guère chez eux d'exemples de polygamie.
Certes, d'après une vie de saint concernant la Bavière aux VIIe-VIIIe siècles, un paysan dont la femme est devenue aveugle en épouse une autre, tout en gardant chez lui la première, et son évêque ne parvient pas à l'amener à  résipiscence. Mais l'exemple reste exceptionnel. Il est toujours fait mention uniquement de l'épouse, et les rapports avec elle paraissent très étroits. Le couple paysan mérovingien ressemble pour une bonne part au couple actuel.
Bien évidemment, la coexistence de plusieurs femmes engendre des conflits, qui peuvent aller jusqu'au meurtre. Toutes ne ressemblent pas à Ingonde qui répond à son mari Clotaire venu lui annoncer son mariage avec sa soeur : "Que mon maître fasse ce qui paraît bon A ses yeux; il suffit A sa servante de vivre avec la grâce du roi."
Chilpéric, après son mariage avec Galswinthe, garde un grand amour pour Frédégonde qu'il a eue auparavant pour femme. A l'instigation de cette dernière, il fait égorger Galswinthe par un esclave. Puis il reprend après quelques jours Frédégonde qu'il épouse.
Théodebert (543-548) prend comme concubine une ma-trone de Béziers, nommée Deoteria, mère d'une fille. Au bout de quelques années, Deoteria voyant que sa fille a beaucoup grandi et craignant que le roi pris de concu-piscence pour elle ne l'enlève, l'installe sur un char attelé de boeufs indomptés et la précipite dans la Meuse à Verdun.

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