La mauvaise réputation des bains
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Dans la culture monastique du haut Moyen Age, le bain n'a pas vraiment bonne réputation. Saint Benoît, fondateur de la règle bénédictine, conseille aux membres de la communauté de ne pas trop en user car ses délices conduisent facilement à la perversion et au péché. Il faut donc se baigner au maximum une fois par semaine.
Plus tard, chez les clunisiens, la pratique n'est conseillée que deux fois par an, à Noël et à Pâques. La toilette personnelle n'est pas une préoccupation première des moines qui se consacrent entièrement à la méditation et à la prière, évitant ainsi toute tentation de coquetterie et n'accordant au corps qu'une fonction physiologique primaire.
Pourtant, Le recours au bain ne cesse de se développer. Les habitudes et les lieux se diversifient. Il y a tout d'abord le bain privé que l'on prend chez soi à condition, bien sûr, d'en avoir les moyens. Modeste ou luxueux, il fait partie intégrante de la maison ; il est normalement installé dans la chambre, près du lit et près de la cheminée afin de profiter de la chaleur ambiante.
Le récipient peut être rond ou rectangulaire, de petite ou de grande dimension, en bois, en métal, en argent ou même en or, chez les plus fortunés.
Froissart, par exemple, raconte dans ses Chroniques que le comte de Flandre dispose d'une superbe baignoire en argent et en or. Les registres du roi René d'Anjou font état, entre 1451 et 1481, d'au moins cinq baignoires dans son château d'Angers. Toujours dans les milieux aristocratiques, le bain peut avoir des formes plus sophistiquées et être amélioré par certains éléments qui en enrichissent le confort : des dais de velours installés tout autour pour une meilleure conservation de la chaleur.

le bain au moyen âge

On se baigne seul, à deux ou même à plusieurs. L'eau est chauffée sur des poêles puis versée dans la cuve. On utilise du savon, et on n'hésite pas à parfumer l'eau en y introduisant des plantes, des fleurs et des sels, ce qui procure une sensation olfactive des plus agréables.
De précieuses enluminures, comme celles qui illustrent les manuscrits de Valère Maxime, auteur romain des Faits et dicts mémorables, montrent la grande diversité des usages. On y voit des hommes et des femmes qui se baignent, discutent, mangent aussi, dans un mélange sulfureux de soin du corps, de sociabilité et de coquetterie. Les médecins répètent l'importance d'une hygiène corporelle pour le maintien d'une bonne santé. Les petits enfants, en particulier, doivent être lavés avec régularité trois fois par jour, en les frottant délicatement, dans une eau ni trop froide ni trop chaude.

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