L'édit de foi et l'édit de grâce
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édit de foi de l'inquisition

Quand une région était signalée comme particulièrement contaminée par l'hérésie, une mission d'inquisiteurs se rendait sur les lieux. Les habitants étaient convoqués dans les églises et fermement conviés à écouter une prédication solennelle par laquelle les coupables étaient astreints à solliciter leur pardon.
On pourrait croire qu'en vertu de la charité chrétienne, tout se terminait par une absolution générale. Il n'en allait malheureusement pas ainsi.
En effet, on ne poursuivait les hérétiques que dans la mesure où leur comportement troublait l'ordre public et non s'ils gardaient leur doctrine in petto. Ils avaient donc tout intérêt à ne pas répondre à l'adjuration publique qui leur était adressée. On conçoit donc que la prédication initiale était rarement suivie d'effet; en fait, elle n'était qu'une sorte d'ultimatum précédant l'ouverture de la procédure.
Après cette formalité, les inquisiteurs assuraient leurs positions en faisant proclamer deux édits : l'édit de foi et l'édit de grace.
Le premier édit ordonnait à tout chrétien, sous peine d'excommunication, de signaler les hérétiques et même les simples suspects d'hérésie. On voit ainsi tout ce que le procédé comportait d'abominable.
Le second édit offrait aux rebelles un délai variant de quinze à trente jours pour venir confesser leur erreur. Si leur conduite n'avait pas causé de scandale ou de désordre, les punitions étaient relativement bénignes : courte détention, astreinte à pèlerinage, port d'un insigne infamant cousu sur les vêtements.
Ce délai expiré, la répression prenait un autre caractère de gravité. L'édit de foi provoquait toujours une pluie de dénonciations, souvent arbitraires. Toute personne dénoncée était susceptible d'arrestation. Des enquêtes discrètes évitaient les trop flagrantes iniquités qui auraient résulté du fait que les noms des dénonciateurs bénéficiaient du secret absolu. Une fois les coupables présumés mis en prison préventive, on abordait le stade de la procédure d'instruction.
On a toujours écrit que les prisonniers de l' Inquisition ne bénéficiaient pas de l'assistance d'un défenseur. A l'appui de cette allégation existe une bulle d' Innocent III interdisant aux gens de loi toute aide judiciaire en faveur d'un hérétique. Il semble pourtant que la dérogation était fréquente et que les accusés fussent assurés de certaines garanties.

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