La confiscation des biens
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confiscation des biens sous l'inquisition

Une peine fréquemment appliquée était celle du fouet. Elle l'était surtout aux femmes dans le but de les faire avouer, et elle prenait place alors dans le grand système des contraintes. Elle pouvait être aussi appliquée à titre de pénitence. Le coupable était fouetté publiquement les dimanches et jours de fête entre l'Epître et l'Évangile, après le prône ou le chant de l'Offertoire; il se présentait au célébrant, un cierge à la main, des verges dans l'autre. Il offrait le cierge, s'agenouillait et recevait le fouet.
Le pénitent devait prêter aide et assistance aux inquisiteurs, dans la répression de l'hérésie et la capture des hérétiques. Le loup était devenu un chien et, traité comme un chien, poursuivait les loups.
Les peines pécuniaires — amendes, confiscation — procuraient à l'Inquisition d'abondantes ressources, surtout les confiscations faites au profit du roi ou de l'Église, et dans ce dernier cas, au profit d'oeuvres pieuses, églises, couvents, hospices.
L'hérétique endurci ou le relaps, même s'il avait échappé au bûcher, et qu'il vécût emprisonné et pénitent, le « croyant » par exemple, perdait tout. De même, celui qui ne répondait pas à la citation de l'inquisiteur, contumace par conséquent.
Le condamné — même réconcilié avec l'Églïse — était frappé en vertu des bulles pontificales et notamment des dispositions de Grégoire IX, d'incapacité quant aux charges ecclésiastiques et civiles. Au Moyen Age, l'incapacité frappait même le descendant du condamné jusqu'à la deuxième génération en ligne paternelle et Jusqu'à la première seulement en ligne maternelle. Cependant, on verra des hérétiques devenir inquisiteurs. C'est qu'ils avaient donné des gages et continuaient d'en donner.
L'inquisiteur restait maître de remettre ou de commuer toute peine, même la peine capitale. Les remises absolues et perpétuelles n'avaient jamais lieu. La menace subsistait au-dessus de l'homme lâché à demi et comme tenu à la corde. En prison, il fallait rendre des services, dénoncer des évadés, servir de mouton. Moyennant quoi, il arrivait qu'on fût libéré. Mais l'insigne d'ignominie, le marteau, était toujours là, menaçant. Si l'inquisiteur pouvait n'en pas exiger le port, il pouvait, à tout instant, exiger de l'homme qu'il le prît ou le reprît pour sa honte.
L'erreur serait cependant de croire que tous ces juges ainsi pourvus d'une autorité quasi sans limite étaient impitoyables. Il arrivait que l'inquisiteur fût relativement indulgent, cela dépendant beaucoup du danger couru par l'Église. Selon Henri Charles Leu (Histoire de l'Inquisition au Moyen Agel, dans le registre de ses sentences, de 1246 à 1248, on ne trouve pas un seul cas d'un coupable. Il s'en tenait' à la prison, perpétuelle ou non. Sans doute, l'époque du grand péril hérétique était passée. Il arrivait d'ailleurs que les fonctionnaires royaux ne tenaient pas compte de la sen-tence adoucie, et quand l'homme leur était « abandonné », le brûlaient pour aller au plus court. La vie humaine avait alors peu de prix.

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