Les Cathares... Infatiguables prédicateurs
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Le parfait avait le pouvoir de ne plus pécher. S'il se laissait aller à quelque faute, toujours vénielle, mais importante pour lui, il récitait des pater, jeûnait et se mortifiait en attendant le « servicium », confession globale faite en public qui avait lieu en principe tous les mois en présence de l'évêque ou du diacre, de parfaits et de croyants.
Seul le péché contre l'esprit et non pas seulement contre la règle trouvait difficilement le pardon. Si le parfait tombait dans le péché de la chair, il devait reprendre toute son initiation, sans grand espoir. Pourtant, sitôt la guerre et la persécution commencées, la règle de l'ordre fut plus difficile à suivre et les fautes plus facilement pardonnées.
Les parfaites, elles, étaient moins exposées à la tentation car elles résidaient en général dans des « maisons ». Elles soignaient les malades dans les hospices et se livraient rarement aux prédications itinérantes.
La prédication était la tâche principale du parfait. Il se mêlait à la population sans se faire tout d'abord reconnaître, comme colporteur ou marchand, médecin ou devin, et se rendait de foire en foire. Au cours des réunions et des veillées, il commentait un passage du Nouveau Testament et tâchait ainsi de faire de nouveaux adeptes.
Tant qu'ils purent, les parfaits prêchèrent tous les dimanches et les jours de fête. Le prêche dominical était pour le croyant le culte qui concurrençait la messe des catholiques. Ils intervenaient, pour aider les orateurs croyants, dans les discussions publiques les opposant souvent aux catholiques ou aux vaudois. Ils commentaient le comportement du clergé local, et citaient des passages de l'Évangile de saint Jean pour justifier la parole qu'ils répandaient.
Au temps de la persécution, ils poursuivirent leur apostolat, puissamment aidés par les croyants. Ainsi, Jacques Autier, membre d'une famille tout entière dévouée au catharisme, prêcha dans l'église du couvent de la Sainte-Croix à Toulouse, protégé par les Toulousains. C'était en 1305, à l'époque ou le Saint-Office répandait la terreur.

Outre l'apostolat par la prédication et les offices, les parfaits infatigables marcheurs, accouraient, au moindre appel, par tous les temps, dans les endroits les plus perdus, pour administrer le consolamentum des mourants.
Les parfaits allaient toujours par deux, deux femmes ou deux hommes. Le compagnon du parfait se nommait le socius, et ce compagnonnage permettait une surveillance mutuelle et une entraide sur le chemin du salut. Il est possible qu'une sorte de pacte ait existé entre le parfait et le socius. De toute façon leur destin était lié et, fréquemment, l'on vit les deux cathares arrêtés, jugés, condamnés et brûlés comme s'ils ne faisaient qu'un.

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