Béziers... La ville martyre
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massacre de beziers

Les seigneurs ne sont pas contents car ils rêvaient aux richesses de la grande ville, à ses trésors, à son or, à ses bijoux, à ses meubles précieux, à tout un butin fabuleux que la valetaille leur rafle sous le nez. A coups de triques, ils chassent les ribauds des maisons qu'ils sont en train de piller et ils tentent de récupérer tout ce qui peut encore être sauvé.
Combien ce massacre fit-il de tués ? 25 000 ? 60 000 ? 100 000 ? Mais peu importe, au fond, le nombre des morts. Le fait, épouvantable, qui domine les autres, c'est que tous les habitants aient été tués, tous, sans exception. Eussent-ils été cent mille qu'aucun n'aurait échappé au massacre.
La nuit tombe et, tandis que la ville flambe encore, les principaux chefs de la Croisade se réunissent. Les plus sceptiques, ce soir, crient au miracle ; car il leur paraît extraordinaire que cette ville puissante soit tombée en une seule journée avant même d'avoir été attaquée. Et le jour de la sainte Madeleine alors que c'est dans l'église de la sainte qu'autrefois le vicomte avait été assassiné et l'évêque malmené.
Tous savent que le sort de la ville martyre va semer l'épouvante dans tout le pays, et qu'il faut donc en profiter sans tarder. Pour mieux prolonger sa terreur, ils proclament que toute ville qui osera résister subira le sort de Béziers. Le calcul est bon. En quelques jours, villes, villages et forteresses envoient à l'armée des ambassadeurs. C'est la soumission, et plus de cent châteaux ouvrent leurs portes. L'armée peut quitter les ruines encore fumantes de Béziers. La voie est libre. Jusqu'à Carcassonne, elle n'aura plus besoin de tirer l'épée.

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Le massacre de Béziers