L’union sacrée des Biterrois
rideau
simon de monfort

Tandis que l'armée plante ses tentes et décharge ses chariots, les assiégés, attirés sur les remparts par la curiosité, font pleuvoir sur elle des insultes, des défis et de grossières plaisanteries.
Mais voici qu'ils voient s'avancer vers la porte principale un petit groupe de parlementaires. En tête, ils reconnaissent leur vieux bonhomme d'évêque, Renaud de Montpeyroux. La lourde porte s'entrouvre un instant pour lui livrer le passage. Que vient-il faire ?
Aux consuls assemblés à la hâte, il fait part de sa mission et leur présente une liste de 222 noms, ceux des Parfaits et des principaux hérétiques de la ville. Il demande qu'on les lui livre. Alors Béziers, purgée de ses mauvais génies, pourra sans crainte ouvrir ses portes aux Croisés et sera devenue une ville amie.
Comme un seul homme, les consuls, approuvés par la population, refusent. L'évêque supplie. Qu'au moins les catholiques sincères sortent de la ville avec lui et se joignent aux Croisés. Ils éviteront le châtiment de Dieu qui ne va pas tarder à s'abattre sur la cité impie. Des catholiques sincères, il y en a, et ceux, notamment, qui entouraient Dominique lors de la conférence contradictoire qui s'est tenue dans la ville.
Fait inouï, la grande majorité d'entre eux, même les prêtres, refusent d'accompagner leur évêque parce qu'ils sont résolus, eux aussi, à défendre Béziers aux côtés des hérétiques. L'union sacrée des Biterrois s'est faite, le réflexe national contre les envahisseurs venus du Nord a joué. Découragé, l'évêque s'en va, et la Chanson de la Croisade nous dit : « Quand l'évêque connut que les habitants ne prisaient ses exhortations pas plus qu'une pomme pelée, il remonta sur sa mule... Ceux qui sortirent de la ville avec lui sauvèrent leur vie. »

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Le massacre de Béziers