Béziers, la cité maudite
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chevalier languedoc

Béziers ! Voici Béziers
Transmis par les cavaliers de l'avant-garde, ce cri parcourt les rangs de l'armée en marche. Les hommes précipitent leurs pas, avides de contempler enfin la cité maudite. Elle se dresse dans le lointain, énorme, imprenable, en cette radieuse matinée du 22 juillet 1209.
Depuis le départ de Montpellier, des bruits courent, des histoires qu'on se raconte pendant la marche ou, le soir, autour des feux de camp.
Ne raconte-t-on pas qu'un matin, les Biterrois ont attaqué un prêtre qui se rendait à l'église pour dire sa messe, qu'ils l'ont rossé, lui ont cassé un bras, qu'ils se sont emparés de son calice et qu'ils ont uriné dedans avec de grands éclats de rire.
Un autre jour, dit-on encore, dans l'église de la Madeleine, ils ont assassiné leur vicomte, le grand-père du vicomte actuel. Comme l'évêque essayait de le protéger, ils l'ont jeté à terre et lui ont cassé deux dents.
Rumeurs, rumeurs... Plus elles s'enflent et plus elles montent l'indignation, la soif de venger ces sacrilèges abominables. Chaque Croisé se sent devenir un justicier, armé de toute la force divine.
Il faut chauffer à blanc le moral des assiégeants car, les chefs le savent, la lutte s'annonce rude. Les murailles sont formidables et la garnison, nombreuse, ne craint ni la faim ni la soif : les réserves sont considérables et il existe dans la ville des fontaines et des sources qui ne tarissent jamais. Le drame, pour les Croisés, c'est qu'ils sont pressés par le temps. Ils ne sont là que pour quarante jours. Passé ce délai, ils seront déliés de tout serment ; ils pourront rentrer chez eux, la conscience tranquille.

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Le massacre de Béziers