Le scandale de la Tour de Nesle ...
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Philippe le Bel et le scandale de la tour de Nesle
Est-ce à la tour de Nesle que les brus du roi Philippe le Bel trompèrent leurs époux avec deux beaux écuyers ? Nul ne le saura jamais, car les textes de l’époque ne précisent point les circonstances de leurs rencontres clandestines ; ils s'en tiennent aux faits.
Philippe le Bel avait trois fils et une fille : le futur Louis X le Hutin, déjà roi de Navarre ; le futur Philippe le Long, comte de Poitiers ; le futur Charles IV le Bel, comte de la Marche, et Isabelle, qui avait épousé le roi Edouard II d'Angleterre. Le futur Louis X était l'époux de Marguerite, fille du duc Robert II de Bourgogne. Philippe était l'époux de Jeanne, fille d'Othon, comte palatin de Bourgogne (Franche-Comté) et de Mahaut d'Artois. Le futur Charles IV était l'époux de Blanche, soeur de Jeanne. Depuis la mort de la reine, c'était les trois brus du roi qui régentaient la maison royale. Nul ne les surveillait. Il était admis depuis le fond des temps que les princesses capétiennes ne pouvaient être soupçonnées d'infidélité. Le hautain souvenir de Blanche de Castille restait toujours présent. Les trois brus redoutaient leur beau-père, mais il était constamment occupé et fréquemment absent. Elles ne craignaient guère leurs jeunes maris qui n'étaient certes pas à la hauteur de leur père, excepté Philippe.
Philippe le Bel fut informé de la conduite de ses brus. Il se retira à Maubuisson pour méditer et prendre sa décison. Il pouvait étouffer l'affaire en éliminant discrètement les frères d'Aunay et, sinon, provoquer un scandale sans précédent dans les annales capétiennes. Cruel dilemme ! Car il ne s'agissait pas à ses yeux d'un simple adultère, mais d'une catastrophe engageant l'avenir de la dynastie. Il était inconcevable que l'on pût soupçonner les princesses de la maison royale.
Il se peut aussi que le scandale, assez répandu, fût impossible à étouffer. C'est sans doute pourquoi Philippe le Bel décida de le rendre public, au risque de ridiculiser ses fils. Sans doute les consulta-t-il. Seul le futur Philippe le Long était à même de donner un avis sensé : d'ailleurs le cas de sa femme semblait moins grave. De toute manière, ni lui ni ses frères ne pouvaient s'opposer à la volonté de leur pèle. La justice du roi frappa comme la foudre. Les trois princesses furent arrêtées et jetées en prison. Il en fut de même de Philippe et Gautier d'Aunay.
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Femmes au Moyen-âge