L'arrivée devant Jérusalem ...
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les croises devant Jerusalem pendant la premiere croisade
Dieu soit loué ! voici qu'approche le terme du voyage, l'ultime étape vers la terre de promission. Voici la dernière montée à travers la rocaille brûlante qui absorbe les dernières forces, le dernier souffle. Chevaux et mulets renâclent ? on poursuivra à pied. Les hommes qui tiraient ou poussaient les chariots les abandonnent sur la pente et suivent l'élan général qui les porte vers la crête de la butte, vers cet écran de soleil blanc qui semble devoir les engloutir. Du sommet de la colline déferlent des clameurs de joie qui donnent du jarret aux traînards et de l'énergie aux moribonds. Des voix grêles lancent de toutes parts :
Jérusalem ! Jérusalem ! Alléluia !
Béni soit le Seigneur !
Gloire à Dieu tout-puissant, à la Vierge Marie, aux saints anges !
Parvenus au sommet, à bout de souffle, croisés et pèlerins s'étreignent, pleurent ce qui leur restait de larmes et, des larmes, il en reste toujours quand il s'agit de remercier la Providence. On pleure, on rit, on délire, on s'agenouille pour baiser le sol, on ôte ce qui restait des sandales pour mieux sentir sous la plante de ses pieds le sol foulé par le Christ. On a vu le duc Godefroi tomber dans les bras de Saint-Gilles et ce colosse pleurer comme une femme, le vicomte Raimond de Turenne se prosterner, bras en croix, un pèlerin aveugle s'avancer en tâton­nant avec son bâton, l'esprit plein des images qu'il ne pouvait contempler, se heurtant à la roche, roulant sur la pente. On a Les chemins de Palestine
vu des femmes folles d'exaltation lécher les rochers et les pierres, avaler des poignées de cette terre sanctifiée, répandre de la pous­sière sur leur tête et en saupoudrer leur nourrisson. On a vu des religieux annoncer à grands cris qu'ils venaient d'apercevoir des nuées d'anges voler dans la lumière autour du Saint Sépulcre, précédant une colonne de chevaliers vêtus de blanc.
croises devant Jerusalem en 1099
Quand on a eu assez prié, pleuré, chanté et ri comme des fous, on a contemplé la ville, ce miracle de pierre : elle se prélasse sous le soleil ardent comme une grosse couleuvre. Elle est presque aussi vaste qu'Antioche et que Tripoli, mais plus belle, avec ses dômes dorés et ses toitures grises comme des écailles, ses clochers et ses minarets, ses palais et ses quartiers misérables, ses mosaïques et sa crasse, la patine de ses remparts et la blancheur éclatante des demeures patriciennes.
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