L'assaut contre Constantinople ...
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prise de Constantinople durant la quatrieme croisade
Boniface de Montferrat reçoit une missive du prince Alexis Ange, fils d'Isaac II Ange, l'empereur légitime d'Orient. Ce dernier est en prison à Constantinople, les yeux crevés par son propre frère qui s'est fait couronner à sa place sous le nom d'Alexis III. Le prince Alexis Ange a réussi à se réfugier à la cour de l'empereur d'Allemagne et il supplie les croisés d'aider son père à remonter sur son trône, promettant de les récompenser généreusement. Il leur versera 200000 marcs et mettra à leur disposition pendant un an 10000 hommes pour reconquérir les Lieux saints.
Montferrat n'a guère de scrupules, il aime l'argent et, pour lui, les Grecs de Constantinople, qui ne fournissent pas de secours aux croisés, sont des traîtres. Pour Dandolo, l'offre du prince Alexis est une véritable aubaine. Replacer sur le trône l'héritier légitime offre un merveilleux prétexte pour ajourner l'expédition contre ses clients égyptiens et la réorienter vers ses ennemis byzantins. Certes, en détournant la croisade de son but et en portant le fer contre des chrétiens, Dandolo risque l'excommunication, mais il n'en a cure .Après avoir rasé les murailles de Zara, les croisés remettent à la voile et voient arriver à l'escale de Corfou le prince Alexis, qui renouvelle ses promesses. La flotte, dont les galères de Boniface de Montferrat et du prince Alexis Ange escortent celle du doge, ne rencontre aucune résistance sur mer, puisque les Grecs en confiant aux Vénitiens, leurs ennemis potentiels, le soin de leur propre marine, ont laissé dépérir leurs chantiers de construction navale. Et, le 24 juin 1203, un an jour pour jour après le rendez-vous de Venise, les croisés jettent l'ancre devant Constantinople.
Pendant trois semaines, malgré leurs cuirasses et leurs boucliers, les envahisseurs sont tenus en respect. C'est seulement le 17 juillet, après avoir concentré sur un point des remparts le tir de leurs machines de guerre, qu'ils réussissent à ouvrir une brèche. Les croisés débarquent alors sur des radeaux improvisés protégés des flèches par des toiles de tente, et ils dressent aussitôt leurs échelles contre les tours. Le vieux Dandolo revêt sa cuirasse, clame haut et fort qu'il veut vivre ou mourir avec les pèlerins, et, depuis sa galère, fait lancer contre la muraille des passerelles volantes.
A peine les Vénitiens ont-ils réussi à se rendre maîtres de plusieurs tours et à en ouvrir les portes que l'usurpateur, l'empereur Alexis III Ange, sous le coup de l'émotion, ordonne la retraite et s'enfuit avec le trésor impérial, abandonnant femmes et enfants aux mains de l'envahisseur. A cette nouvelle, le peuple, indigné, tire de prison l'empereur aveugle Isaac II Ange et, le lendemain, il laisse son fils, le prince Alexis Ange, faire son entrée en che­vauchant entre le vieux doge de Venise et Baudouin de Flandre.
Le 1" août 1203, Isaac II Ange, contraint et forcé, abdique solen­nellement dans la cathédrale Sainte-Sophie en faveur de son fils, qui est couronné sous le nom d'Alexis IV. Aussitôt, celui-ci confirme aux chefs des Latins ses promesses: il s'engage à leur payer avant Pâques 1204 l'in­demnité convenue et à reconnaître le pape comme seul successeur de saint Pierre.
prise de Constantinople par les croises
prise de Constantinople par les croises
Cependant, le Trésor impérial est vide, le clergé radicalement opposé à l'union des Eglises et le peuple ulcéré des prélèvements pour l'entre­tien des troupes d'occupation. Les incidents ne tardent pas à se multiplier entre occupants et occupés.
Les brimades se multiplient, le sang coule. Un incendie ravage deux jours et deux nuits les quartiers juif et arabe et menace de se propager à Sainte-Sophie. Le peuple est horrifié à la vue de clercs portant les armes et s'exaspère d'apprendre les faveurs faites par Alexis IV aux barbares d'Occident, ses alliés.
Profitant de cette situation explosive, un cousin du jeune empereur, Alexis Doukas dit Murzuphle – l'homme aux sourcils en broussaille – décide de s'emparer du trône. Pour parvenir à ses fins, déterminé, il étrangle de ses mains Alexis IV. Puis, dans l'idée de se débarrasser des Latins, il invite leurs chefs au palais sous prétexte de leur payer les sommes promises par son prédécesseur: un guet-apens où les barons français seraient forcement tombés si le doge ne les avait mis en garde.
A court de ravitaillement, croisés et Vénitiens n'ont plus d'alternative: il leur faut reprendre coûte que coûte la capitale et s'emparer de l'Empire. Cette fois, munis enfin de la bénédiction du pape, ils n'agissent plus pour aider un prince byzantin mais pour leur propre compte. Le 7 mars 1204, ils se mettent d'accord pour se répartir leurs futures conquêtes. On donnera au nouvel empereur – qui sera soit un croisé, soit un Vénitien, mais surtout pas un Grec
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