Le passage de la Loire
rideau
traversée de la loire par les vendéens

Commencé le 18 octobre 1793 à l'aube, le passage de la Loire s'achève tard dans la nuit du même jour. Le souvenir de cette journée sera évoqué en ces termes par la future marquise de La Rochejaquelein : « La plupart des paysans se trouvèrent à Saint-Florent bien avant les officiers, s'étant enfuis plus vite ; la moitié de l'armée y arriva donc la nuit. Les quatre mille Bretons ou Angevins, habitants de la rive droite de la Loire, qui avaient suivi MM. de Talmont et d'Autichamp, amenèrent des bateaux; Ils appelaient à grands cris les Vendéens et leur répétaient : "Venez, mes amis, dans notre pays ; tout le monde y est aristocrate, vous ne manquerez de rien ". Nos gens, qui étaient tous saisis d'une terreur panique, se jetèrent en foule dans les bateaux. Quand les officiers arrivèrent au point du jour, c'était un spectacle étonnant et qu'on ne reverra jamais. Nous étions à Saint-Florent, les uns disent cent mille, les autres soixante-dix mille, dans k nombre environ dix mille femmes, dames ou paysannes, et à peu près autant d'enfants et de blessés. Tous ces gens s'échappaient du massacre et de l'incendie : on voyait la fumée des maisons où les hussards mettaient k feu, à deux lieues de nous. A cet endroit, la Loire a une petite île, plus près de Saint-Florent que de Varades ; il y avait une vingtaine de bateaux; les Vendéens se précipitèrent dedans ; d'autres passaient à la nage, ou sur les chevaux qu'un gué conduisait jusqu'à l'île. Cette île et les deux bords de la Loire étaient remplis de monde; chacun s'appelait, se culbutait; ceux qui étaient à Saint-Florent tendaient les bras aux autres ; il semblait que le fleuve une fois passé, toutes nos peines seraient finies. La plupart des officiers étaient sur la rive, tâchant de retenir les soldats, mais ceux-ci n'écoutaient rien. »

Au malheureux Lescure lui murmurant : « Si je tenais le jean-foutre qui nous fait passer la Loire, j'utiliserais mes dernières forces pour lui brûler la cervelle », La Rochejaquelein aurait pu répliquer que c'est tous les Vendéens qu'il aurait alors fallu tuer sur place. Combien sont-ils à avoir ainsi franchi le fleuve ? Soixante-dix mille à cent mille, si l'on en croit Victoire de Donnissan, dont, précise-t-elle, vingt mille sont des non-combattants. Kléber parle, de son côté, de soixante mille combattants, «sans comprendre prêtres, femmes et enfants ». Le nombre total, impossible à fixer avec précision, doit se situer entre soixante et quatre-vingt mille personnes ; celui des combattants effectifs, de valeur d'ailleurs très inégale, entre trente et quarante mille.

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La virée de Galerne