Cathelineau meurt, Nantes est sauvée
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mort de cathelineau

A Nantes s'est joue le sort de la Vendee. Il avait été convenu que Charette attaquerait dans la nuit du 29 juin les faubourgs de Pont-Rousseau et de Saint-Jacques. Tandis qu'il bloquerait la ville au sud. aidé par son lieutenant Lyrot (sur la Sèvre, rive droite). l'armée catholique. divisée en deux colonnes, affronterait la garnison ennemie. La première de ces colonnes sous les ordres de Bonchamps. arriverait par la route de Paris. entre la Loire et l'Erdre. la seconde, avec Cathelineau et d'Elbée, descendrait sur la ville par la route de Rennes et de Vannes.
Les blancs avaient bon espoir de vaincre. Nantes. girondine, n'avait pas reçu de secours de la Convention. Canclaux et Beysser ne pouvaient disposer que de 12000 hommes dont 5000 légionnaires sans expérience. Et depuis que l'ancienne cité des ducs de Bretagne était devenue un grand port colonial, sa ceinture de murailles avait disparu. Toutefois les six bras de la Loire et de l'Erdre, qui la coupaient en deux, pouvaient permettre à des hommes déterminés une longue défense. On pouvait même admettre que la Loire opposerait a Charette une barrière infranchissable. Mais c'était surtout a la grande armée qu'incombait la tâche de pénétrer dans la ville.

A l'heure convenue, Charette. à la tête de 10000 hommes, se trouve au rendez-vous. Le 28 au soir, avec quelques cavaliers, ils vont reconnaître les abords de Pirmil. La nuit est claire, la ville semble dormir. A deux heures et demie du matin, les républicains ouvrent le feu sur l'avant-garde royaliste. Les cornets à bouquins des paysans y répondent. Au petit jour, la bataille s'engage sur la côte Saint-Sébastien et dans le faubourg Saint-Jacques. Mais Charette voudrait bien savoir ce qui se passe sur l'autre rive du fleuve.
Le retard de l'armée vendéenne est dû a l'héroisme d'un simple ferblantier, nommé Meuriss, qui, à la tête d'un bataillon de volontaires, a défendu Nort-sur-Erdre. durant de longues heures. Ayant trouvé un autre passage, les Blancs arrivent tout de même dans les faubourgs, atteignant le Marchix, Saint-Donatien, malgré le feu meurtrier de l'artillerie républicaine.
Talmont et Forestier chargent les Bleus a la tète de leur cavalerie. La colonne Cathelineau. qui vient de mettre en deroute le 109' de ligne. s'avance jusqu'à la place Viarme, defendue par les débris de ce régiment que Beysser vient de rallier. C'est alors qu'un ouvrier cordonnier. embusqué a une fenêtre, fait feu sur Cathelineau qui s'écroule. La balle, lui fracassant le coude. l'a frappe en pleine poitrine. En vain d'Elbée. Bonchamps. Stofflet tentent de ranimer le courage des paysans. Démoralises. ils operent leur retraite. Le chef qu'ils aimaient, qu'ils voulaient croire invulnérable. allait mourir...

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Les défaites des Blancs