Vive le roi !
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Comme armes, des bâtons, des piques, des faux emmanchées à l'envers, des fourches aiguisées, des couteaux de sabotier et, bientôt, les fusils et les baionnettes prises sur l'ennemi.
Quant à leur force redoutable, il faut la rechercher, dit le général Turreau qui va tant batailler contre eux, dans « un attachement inviolable à leur parti, une confiance sans borne dans leurs chefs, une telle fidélité dans leurs promesses qu'elle peut suppléer à la discipline un courage indomptable et à l'épreuve de toutes sortes de dangers, de fatigues, de privations ».
Fanatisés par leurs prêtres. munis d'une absolution générale, beaucoup regardent le trépas comme un sacrifice léger à leur âme, qui les mène tout droit en Paradis. Ce qui n'empêche pas ces bandes paysannes capables d'élans torrentueux et ravageurs d'être parfois saisies de terribles paniques collectives comme à Cholet en octobre 1793, notamment quand leurs chefs sont blessés ou de découragements soudains quand les opérations s'éternisent.
Turreau nous dit encore : « On allait au combat comme à une fête des femmes, des vieillards, des enfants même de douze à treize ans (et j'ai vu de ces derniers tués dans les premiers rangs de l'armée) excitaient, partageaient la fureur des soldats ".

Ils se groupent par paroisse. Ignorants de l'art militaire, ils avancent sans aucun ordre, surtout au début de l'insurrection. Quand ils sont organisés, ce qui est rarement le cas, sauf chez Bonchamps dont la division est la seule à offrir réellement un aspect militaire, ils marchent souvent sur trois colonnes. Celle du centre destinée à l'attaque est dotée de l'artillerie. Les deux autres progressent en tirailleur, le long des haies, les fusils devant, les faux derrière. Parfois, mais seulement dans les premières semaines de l'insurrection, quand ils s'attaquent à une ville, ils poussent devant eux des prisonniers républicains, comme ils firent à Cholet en mars 1793. Ou bien ces boucliers humains reçoivent la mitraille ou bien ils dissuadent les patriotes.
Au plus dur de Faction, ils se couchent. laissant passer la rafale et se relèvent, bondissant furieusement sur l'ennemi en hurlant « Rembarre ! Rembarre ! » ou en criant « Vive le roi ! ». Quand l'affaire tourne mal on entend
Egaillez-vous les gars !
Leurs chefs sont à leur tête, à cheval, les encourageant de la voix et du geste, leur donnant l'exemple par leur bravoure qui compense certaines insuffisances techniques.

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