L'opération finie, on rentre chez soi
rideau
la guerre de vendée

Ces armées ne sont point permanentes. C'est leur grand défaut. Elles ne restent assemblées que quelques jours, pour les besoins du moment. L'expédition terminée — réussie ou manquée — le paysan retourne dans ses foyers, rien ne peut le retenir. Un jour il y aura des masses d'hommes. Le lendemain, les chefs restent seuls avec quelques centaines d'hommes, parfois des étrangers qui n'ont pas de famille et ne savent ou aller.
Mais. dès qu'une nouvelle action est décidée. les troupes se reforment aussitôt. Les ordres de rassemblement se transmettent avec beaucoup de célérité par des courriers établis et presque toujours prêts à partir. Toutes les paroisses sont alertées, le tocsin sonne et les paysans arrivent à l'église. La capitaine de la paroisse lit alors la réquisition : Au nom de Dieu, de par le Roi. vous êtes invités à venir le plus nombreux possible en tel lieu, tel jour, à telle heure. On apportera des vivres. Et comme les habitants sont en réquisition permanente, chacun s'arme d'un fusil, d'une fourche, d'un bâton et apporte son pain.
La viande est distribuée aux soldats. Le blé et les boeufs nécessaires aux subsistances sont requis par les chefs auprès des gentilshommes et des grands propriétaires principalement. Il y a toujours beaucoup d'empressement à donner volontairement. Les villages se cotisent pour envoyer des charretées de pain sur le passage de l'armée. Les paysannes viennent apporter à manger aux troupes, les riches donnent tout ce qui leur est possible. La nourriture est médiocre mais assurée et l'armée n'a ni chariots ni bagages pour gêner ses mouvements.

Quand tout le monde est rassemblé, on constitue un certain nombre de colonnes pour attaquer les objectifs déterminés par les géné raux. On dit : « M. Untel va par ce chemin, qui veut le suivre ? » Les soldats qui le connaissent marchent à sa suite. Lorsqu'il y en a assez dans une bande, on ne laisse plus les autres s'y joindre : on les fait aller d'un autre côté. Dés que le combat est engagé, on sonne a nouveau le tocsin dans les paroisses voisines.
Les femmes, les enfants, tout ce qui reste d'habitants se rend dans les églises et se met en prières pour le succès de leurs armes.
L'engagement terminé. on rentrait chez soi. Un Vendéen a laissé des notes dans lesquelles il raconte qu'il quitta quarante-cinq fois sa maison pour aller au combat. Quand ils ont « libéré » un village. une ville, ils tendent à retourner chez eux pour changer de chemise ». Pas de casernes. pas de vie de garnison, pas de patrouilles.

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