La honte des Lucs-de-Boulogne
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Lucs et les colonnes infernales

Et, toujours avec Cordellier, c'est, le 28, le drame — la honte, la plus grande parmi toutes la honte des Lucs-de-Boulogne, non loin de Legé. Hommes, femmes et enfants ont cherché refuge dans la vénérable église Notre-Dame. aussi modeste qu'une chapelle, située au Petit-Luc, dans un tenare paysage. L'église est bien trop petite pour les contenir tous — ils sont près de six cents. Beaucoup se sont tassés autour du sanctuaire, n'essayant même plus de se cacher dans les fourrés du tertre voisin. L'arrivée, soudain, des Bleus, et le massacre. Sabres, baïonnettes, pics, crosses, souliers, frappent partout avec fureur, égorgent, éventrent, écrasent ; puis, d'une hauteur proche, le tir de canons fait s'écrouler l'église sur les suppliciés. Quatre-cent-cinquante-huit noms sont connus, parmi lesquels ceux de cent-dix enfants de moins de sept ans. Ils sont inscrits sur les murs de l'église actuelle, élevée sur les plans de la précédente. On y voit des familles entières : M. et Mme Renaud, par exemple, et leurs cinq enfants, de dix-sept, quinze, douze, six et quatre ans ; ou M. et Mme Métaireau et leurs sept enfants, de vingt-et-un, treize, dix, sept, six ans, de quinze mois, de quinze jours. D'autres et d'autres encore...

Cependant, timidement, quelques municipalités républicaines commencent à réagir : Fontenay-le-Peuple (ci-devant Fontenay-le-Comte), Les Sables-d'Olonne, Luçon, s'indignent auprès de la Convention des « tueries dont même les patriotes sont victimes Il faut dire en effet que nul n'échappait, en général, à la fureur des Colonnes.
Des maires se portant au devant des tueurs furent souvent massacrés, quelquefois même après leur avoir offert des vivres pour essayer de les amadouer. A une réclamation des deputés du Maine-et-Loire, le représentant Bourbotte avait répondu « que les maisons des patriotes étant toujours devenues des repaires de brigands, devaient ètre détruites puisque l'intérêt public le commandait Et rappelons l'ordre du jour de Grignon, que nous avons précédemment cité : « Je sais qu'il peut y avoir quelques patriotes dans ce pays, c'est égal, nous devons tout sacrifier ”.

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