Bonchamps, d'Elbée et Lescure
rideau
Bonchamps

Bonchamps
Charles-Melchior-Artus de Bonchamps est né en 1760 au château du Crucifix, prés de Châteauneuf-sur-Sarthe mais il a passé sa jeunesse à la Baronnière près de Saint-Florentle-Vieil (Maine-et Loire). Sa famille est modeste. mais noble, ce qui lui permet dès l'âge de seize ans, de s'engager comme cadet-noble dans le régiment d'Aquitaine. Sous-lieutenant à dix-huit ans, il part aux Indes où il sert un an sous les ordres du bailli de Suffren. Après cet excellent apprentissage, il revient en France et tient garnison à Mézières. Il gravit les échelons de la hiérarchie militaire devient capitaine et se marie en 1789 avec Mlle de Scepeaux.
Il n'accepte pas de prêter le serment de fidélité à la République qu'exige l'Assemblée constituante et il démissionne. Nous sommes en 1791. Il se retire alors à la Baronnière où il mène une existence silencieuse et retirée. C'est là qu'on vient le chercher, le 19 mars 1793, pour la grande aventure vendéenne. Il est le seul qui possédait les qualités qui auraient pu faire de lui le vainqueur de la Convention. C'est lui qui aurait dû être commandant suprême.
Il a compétence, clairvoyance et bon sens et c'est sa division qui est la mieux organisée. Mais c'est un doux, il ne sait pas imposer son point de vue. Blessé mortellement à Cholet. le 17 octobre. il obtiendra avant de mourir le fameux pardon des prisonniers.

Louis Gigost d'Elbée

Louis Gigost d'Elbée
Marie-Joseph-Louis Gigost d'Elbée. qui succédera à Cathelineau après la mort de celui-ci, naît à Dresde en 1752. Fils de Maurice d'Elbée maréchal de camp du roi de Pologne il sert d'abord comme officier des grenadiers de la garde du roi de Pologne. En 1783, il vient à Paris solliciter une compagnie. Sa demande est rejetée. Vexé, il se retire de l'armée et s'installe dans son petit domaine de la Loge près de Beaupréau (Maine-et-Loire) où il vit paisiblement avec sa femme.
Séduit par les théories des Encyclopédistes, il est député aux états généraux de 1789. mais se montre vite désabusé. Il rejoint l'armée des princes à Coblentz mais pour peu de temps. Nous le retrouvons à la Loge en 1792. Un an plus tard, il se rallie aux Vendéens. Lui aussi. comme Charette, comme Bonchamps . comme Sapinaud et tant d'autres nobles. a essayé de raisonner les paysans venus le chercher. Il leur a décrit les périls de l'entreprise, leur inexpérience. Et finalement. devant leur insistance, il a fait comme les autres. Il a accepté après avoir fait promettre aux paysans de ne deposer les armes qu'après avoir secoué le joug de la République. Il a quarante et un ans, ce qui en fait le doyen des chefs de l'armée d'Anjou et lui vaut les sobriquets de « le Sage » ou « le Nestor » de la Grande Armée.
Son abord est assez froid, son langage sentencieux et lent. Mme de La Rochejaquelein en trace un portrait quelque peu sévère :
Il était de petite taille, n'avait jamais vécu à Paris ni dans le monde il était extrêmement dévôt et enthousiaste. d'un courage extraordinaire et calme : c'était son principal mérite. Son amour-propre se blessait facilement et s'emportait sans propos. Il avait un peu d'ambition. mais bornée comme toutes ses vues. Dans les combats, il ne savait qu'aller en avant au point que les paysans, bien qu'ils l'aimassent beaucoup. l'avaient surnommé le général la Providence. Mais, homme estimable et vertueux.Blesse grièvement à la bataille de Cholet le 17 octobre. il sera capturé et fusillé à Noirmoutiers le 6 janvier 1794.

Louis Marie de salgues de Lescure
Lescure
Louis-Marie de Salgues, marquis de Lescure. est ne au château de Clisson. a Boismé, près de Bressuire (Deux-Sèvres) le 13 octobre 1766.
Il fait une carrière militaire, comme tous les gentilshommes de l'époque. Il entre tout jeune à l'Ecole militaire et il est capitaine au Royal Piémont au début de la Révolution. Son enfance a été difficile. Sa mère est morte à sa naissance. et il vit avec son père dont la situation est modeste. On le dit même près de la ruine. Il le doit d'ailleurs beaucoup à sa conduite. Il aime les plaisirs et il est peu enclin à la saine gestion de son patrimoine.
Lescure se marie en 1791, à vingt-cinq ans. avec sa jeune cousine Victoire de Donnissan. Le 10 août 1792. il est devant les Tuileries pour défendre le Roi. Son cousin. Henri de La Rochejaquelein est à ses côtés. Ils se retrouvent d'ailleurs après l'émeute dans son château de Clisson. Arrêté et interné avec sa femme à Bressuire en mars 1793. il est oublié par les Républicains quand ceux-ci abandonnent la ville le 2 mai. C'est alors qu'il rallie l'Armée catholique et royale.
Sa femme. la future mémorialiste et l'une des figures féminines de la guerre de Vendée en fait un portrait naturellement complaisant : « Il affecte pour la mort un mépris souverain : il va a la bataille un sabre pendu au bras, les pistolets non chargés. Après la victoire, il poursuit l'ennemi à coups de fouet, en lui disant de courir plus vite pour ne pas être tué. M. de Lescure était de beaucoup l'officier le plus instruit de l'armée. Toujours il avait eu le goût pour les études militaires et s'y était livré avec zèle. Il avait lu tous les livres de tactique. Lui seul entendait quelque chose à la fortification et quand on attaquait les retranchements des Républicains. ses conseils étaient nécessaires à tout le monde. Dans une guerre où les généraux étaient soldats et combattaient sans cesse corps a corps, pas un homme n'a reçu la mort de M. de Lescure. Jamais il n'a laissé périr ou maltraiter un prisonnier. »
D'une piété mystique, on l'appelle « le saint du Poitou ». Tout le Bressuirais lui obéit. Mais on lui reproche une certaine fierté.Blessé grièvement le 15 octobre 1793, il meurt près de Fougères. le 4 novembre.
anecdote
accueil
Accueil
Un baril de poudre