Le film sur les camps de concentration ...
rideau
Un après-midi, dans la salle de justice surchauffée de Nuremberg, l’écran de cinéma s’illumina au-dessus de l’estrade à trois marches des sténographes. Et, durant, quelques instants, quelque chose d’extraordinaire se passa.
Sur la toile défilaient des scènes filmées dans les principaux camps de concentration nazis, les usines de mort de Buchenwald en Thuringe, à Dachau près de Munich, ouvert en 1933 à Mauthausen en Autriche, à Auschwitz et à Treblinka en Pologne, à Ravensbrüch dans le Mecklembourg. à Neuengamme, à Oranienburg, à Bergen-Belsen. En un seul moment, tous les regards de l’assistance convergèrent sur le box des accusés.
Au bout de quelques minutes, la plupart des vingt et un inculpés avaient  cessé de regarder l’écran. Schacht se cachait le visage entre les mains, Keitel, qui avait arraché ses écouteurs, s’essuyait le front ; Ribbentrop avait fermé les yeux ; Fritzsche, aussi.
Seuls, Raeder pétrifié suivait le déroulement des images sur l’écran, et devant lui, droit sur son banc, Hess fasciné dévorait de son regard fiévreux les scènes d’atrocités, «avec l’expression démente d’un vampire», observa le capitaine américain G.M. Gilbert, médecin psychiatre de la prison de Nuremberg.
Après la projection Gœring qui  était demeuré tout le temps appuyé au box, l’air morose et ennuyé, confia à Gilbert avec découragement : - Tout avait si bien commencé, aujourd’hui, capitaine. Et, puis, cet horrible film est venu tout gâcher…
goering au procès de nuremberg
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Procès de Nuremberg