Les pillages ...
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ecole abandonnee en 1940
pillage en 1940
pillage pendant l'exode en 1940
Les partants laissent leurs maisons offertes au pillage et les pilleurs sont légion : les militaires en déroute, les réfugiés de passage, les habitants restés dans les villes, Amiens, Roye, Abbeville, qui volent  pour que les Allemands ne trouvent plus rien. On a vu des paysans atteler les charrettes, non pour fuir, mais pour piller les villes : revanche sauvage des campagnes, saturnales du désordre.
Pas de police ni de gendarmerie pour les arrêter. Les magasins d’alimentation sont d’abord leur cible, les stocks livrés aux gens de passage affamés, aux résidents qui n’ont plus de commerçants et qui doivent cependant se nourrir. En l’absence d’ordre, la sauvagerie se déchaîne dans les villes de la Somme et de l’Aisne abandonnées par les autorités. A Abbeville, l’antiquaire, devenu tout ensemble maire et sous-préfet de sa propre autorité et de par la confiance des sauveteurs, engage des civils pour dégager les rues, enterrer les morts dans des fosses communes, s’occuper des blessés réunis en plein air dans un jardin, nourrir les vieillards de l’hospice. Il ose même réquisitionner des ouvriers payés en vivres pour attaquer les pillards à coups de bâton. 
Dans certains villages de la Somme, on a repéré des dépouilleurs de cadavres. Les châteaux ne sont pas seulement mis a sac, ils sont vandalisés. Puisque l’autorité est absente, l’heure de la revanche a sonné, mais aussi celle du «chacun pour soi ».
Une région entière est livrée à l’encan, offerte en proie, abandonnée à des hommes  qui ne peuvent plus compter que sur eux-mêmes pour survivre. Parmi ceux-là, nombreux sont aussi ceux qui donnent des exemples de générosité, de dévouement aux blessés, aux enfants perdus, aux femmes en difficulté. Le meilleur et le pire.
Les caves sont pillées, comme les magasins. Les objets précieux, vaisselle, argenterie, œuvres d’art des châteaux de la région, linge, stocks de tabac, bicyclettes, outils divers changent de main dans la ville ouverte. Dans Amiens occupé par les troupes d’assaut allemandes, le commandant doit faire afficher le 21 mai que toute personne surprise en train de piller sera fusillée.
Les pillards sont rarement organisés. Beaucoup rendront leurs prises, quand les plaintes seront déposées. Mais d’autres pillent  pour récupérer les richesses indûment gagnées. Outre le pillage alimentaire, opéré par les gens de passage, l’accaparement des objets précieux est soit  le fait des militaires, soit des civils habitant les villes ou leurs enVIrons. Un capitaine, de Nadaillac, constate la mise à sac d’une propriété proche de Compiègne. Puisque les Allemands vont venir, servons-nous d’abord, disent les pillards.
Les riches paysans, les bourgeois des villes ont abandonné leurs biens pour sauver leur peau. Ceux qui restent sous les bombes et les rafales s’estiment en droit de voler à l’ennemi, qui n’hésite pas à piller les caves, le butin qu’il convoIte. L’officier parle d’un effondrement psychologique de pays qui était terrible à constater. Il faudrait plutôt évoquer la disparition singulière des forces de l’ordre, la défaillance des agents de l’Etat qui permet tous les excès.
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L'exode de 1940