La phobie des espions ...
rideau
controles de papeirs en 1940
espions en mai juin 1940
espions pendant la bataille de France en 1940
Qui dira Jamais d’où venait l’inconnu de la tombe 84. Homme taille moyenne, les pieds, les bras, le corps ligotés, vêtu d’un pantalon de velours, veston noir, une montre. 
L’homme ligoté est-il un espion ? Un vrai ou faux parachutiste ? Un prisonnier politique abandonné sur le revers d’un fossé ?
Nul ne s’en inquiète tant est grande la frénésie d’espionite . Vraies ou fausses, d’atroces histoires de cinquième co-lonne circulent parmi soldats et réfugiés. Dans les Ardennes, les parachutistes allemands ont pour signaI de reconnaissance le cri de la chouette !
Près de Landrecies, des civils ont tué deux officiers français qui contrôlaient les réfugiés. Ce n’est rien, à Abbeville, une section a été livrée à l’ennemi par un sous-officier de la Légion.
A Rouen, il a fallu abattre un Allemand déguisé en officier belge ainsi que son chauffeur et une femme, qui voulaient absolument obtenir le passage.
Bonnes sœurs, curés, Belges, sont particulièrement suspects. Un parachutiste prussien déguisé en religieuse, tel est le cauchemar qui hante les nuits des anciens combattants rassemblés par commune en une incertaine et brouillonne garde civique.
Le sénateur Jacques Bardoux raconte, le 24 mai, qu’un avion allemand ayant atterri sur le bord d’une route, il en est descendu deux hommes et une femme qui ont épuisé leurs chargeurs sur la foule des réfugiés.
De tels récits ne peuvent qu’amplifier la panique, faire perdre le contrôle d’eux-mêmes aux soldats et aux gardes mobiles. On fusille et on assomme à tort et à travers. Un sous-officier du 4e régiment de cuirassiers donne-t-il un coup de phare, il est immédiatement soupçonné d’espionnage.
Un officier de marine qui cherche à rejoindre nos lignes près de Dunkerque est jugé sommairement, puis fusillé par les Anglais. De braves gens,  énervés ou hébétés par la défaite et qui ne peuvent pas faire de bonnes réponses, sont tués, sans autre forme de procès, par  d’autres braves gens que talonne la peur.
anecdote
accueil
Accueil
L'exode de 1940