La nuit de cristal
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Après mon service civil, je devins responsable à plein temps des organisations de jeunesse. J'étais heureuse de n'avoir plus à sacrifier la H. J. à ma scolarité. Pendant les deux ans qui précédèrent la guerre, la réalisation de nos rêves : l'édification d'une Allemagne impériale, nous parut à portée de la main. Le retour dans le sein de la mère patrie de l'Autriche et des Sudètes nous fit déborder d'enthousiasme.
La nuit du 9 au 10 novembre 1938, la Nuit de cristal, mit une ombre sur notre joie. Des atrocités de la nuit, je ne vis rien, mais, au matin, je constatai le saccage des petites boutiques et des restaurants modestes tenus par des juifs près de l'Alexanderplatz à Berlin. Ces traces de violence m'horrifièrent. Mais ne nous avait-on pas constamment répété que la juiverie internationale excitait le monde contre l'Allemagne ? A présent, les juifs s'étaient vu infliger un sévère avertissement.
Je chassai aussi vite que je pus de mon esprit le souvenir de cette manifestation, qui n'avait pourtant frappé que des innocents ces petites gens dont on avait dévasté les modestes boutiques avaient-ils quelque chose de commun avec le capitalisme juif international ? Il était plus simple de n'y plus penser et de se remettre rapidement au travail...

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Grandir en Allemagne nazie