Les atrocités pendant la bataille de Berlin
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berlin 1945
atrocités dans Berlin en 1945
réfugiés allemands en 1945
Mme J. résume ainsi ses impressions :
Le comportement des soldats soviétiques était ambivalent. Ils n'avaient pas la moindre pitié pour tout être féminin qui tombait entre leurs mains; mais ils prenaient soin des malades et des blessés. Lorsque le professeur Sch. refusa un jour l'accès du bunker à une femme allemande assez gravement blessée parce qu'il ne voyait aucun moyen de la traiter ou de la loger, les Russes insistèrent sur un ton péremptoire et exigèrent que le professeur l'opérât. Les officiers russes étaient pimpants et courtois; les soldats marqués par d'âpres combats, mais ni déguenillés ni sales. Le pire était ces infects Mongols qui nous abordaient sans cesse et que nous ne comprenions pas !
D'un récit que le pasteur Heinrich Grüber a mis à ma disposition, je relève les phrases suivantes :
Nous commençâmes à enlever les barrages antichars et à combler les tranchées. Les vivres encore disponibles furent collectés et rationnés. Pour constituer quelques réserves, des hommes furent chargés de s'emparer des chevaux blessés et de les abattre.
Il fallut bientôt transformer la maison paroissiale en hôpital militaire; dans la demeure de l'Ortsgruppenleiter, on installa une maternité. On y soignait aussi les femmes violées. Les excès
se multipliant, j'en appelai au commandant oviétique. On me promit de punir les responsables, mais nous ignorions la plupart du temps leurs noms. Il arrivait aussi que des soldats pris en flagrant délit fussent abattus d'un coup de pistolet par leur officier.

es récits allemands nous fournissent-ils un tableau plus complet, plus véridique?
Oui, je me souviens de l'arrivée des Russes, nous dit Mme P. Un soldat soviétique grimpa sur les barricades près de la station de métro, Weinmeisterstrasse, et agita un drapeau rouge. Trois ou quatre Berlinoises lui sautèrent au cou. Les soldats se précipitèrent dans les caves et se livrèrent au pillage. Ils emmenèrent aussi des femmes et des jeunes filles, mais ma cadette (17 ans à l'époque) put se cacher. Dans la maison de derrière on assista bientôt à un vrai trafic de femmes.
Mme J. est depuis 1933 secrétaire de direction dans une clinique de gynécologie de Charlottenburg :
A cette époque, j'étais dans le service du professeur Sch. Pendant trente ans, jusqu'en 1952,
il avait rempli les fonctions de médecin-chef. Le 30 avril 1945 les Russes se présentèrent dans notre villa à Westend et mirent tout le monde dans la rue. Ma mère et moi fûmes accueillies par des amis ; mais d'affreux excès nous obligèrent à nous réfugier dans la clinique.
C'était le ler mai. Les Russes avaient également occupé la clinique et l'on nous conseilla d'aller ailleurs, car les Russes préparaient de grandes festivités. Il était facile de s'imaginer ce qu'ils feraient après avoir bu. Je réussis à me grimer en petite vieille. Les malades — il n'y avait plus qu'une douzaine de cas graves — ne risquaient rien, puisqu'elles se trouvaient dans la partie de l'établissement restée clinique ; les autres ailes du bâtiment avaient été transformées en campement. Ils occupèrent aussi les étages supérieurs, évacués par nous depuis quelque temps à cause des bombardements et de la canonnade.
Une salle de l'établissement servait aux Russes d'écurie. Une autre, d'hôpital militaire. Pendant les toutes premières opérations, nos infirmières devaient tenir des lampes à pétrole. Les soldats russes se présentèrent au bureau de mon père et lui demandèrent : • Toi professeur? » Ravis d'apprendre qu'il était médecin, ils se firent traiter par lui : leurs maladies vénériennes, dont ils avaient une peur sans bornes, étaient la plupart du temps imaginaires.

On ne se demande jamais qui étaient ces soldats de l'armée Rouge, sans même parler des motifs qui les poussaient à la violence. Personne n'a jamais entrepris 1 jusqu'à ce jour le moindre effort pour jeter ! quelque lumière sur les faits. Il est courant mais grotesque d'affirmer, qu'un homme de lettres soviétique d'origine juive du nom d' Ilya Ehrenbourg aurait pu « inciter » les millions de soldats de Joukov et de Koniev à déshonorer les femmes allemandes.
D'autre part, les citoyens soviétiques qui sont au courant de violences subies par les femmes allemandes de la part de militaires ayant appartenu au ler front de Biélorussie ou au ler front d'Ukraine considèrent qu'il s'agit d'un sujet tabou. Un Allemand entretenant des relations amicales avec un citoyen soviétique au point de discuter avec lui très franchement de toutes sortes de problèmes ne doit pas s'aviser de toucher à ce sujet I On comprend d'ailleurs qu'un Allemand soit mal placé pour évoquer ce chapitre en Russie étant donné les atrocités commises dans ce pays.
On peut résumer l'attitude allemande et l'attitude soviétique face aux viols de la manière suivante : pour les Allemands, il n'y avait que cela; pour les Soviétiques, les viols n'existaient pas.
Vingt ans après la fin de la guerre, on propose toujours, en U.R.S.S., l'image immaculée du combattant de Berlin telle
que la Pravda l'avait créée en mai 1945 : le soldat soviétique y faisait figure de héros et de missionnaire appelé à servir de modèle au fasciste corrompu et à ses victimes fourvoyées.

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La bataille de Berlin