Le ravitaillement d'esclaves
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vente d'esclaves à Rome
Source aussi de ravitaillement en esclaves frais, la terrible coutume romaine qui voulait que le père de famille eût sur ses enfants à leur naissance un droit de vie et de mort. De nombreux nouveau-nés étaient exposés, c'est-à-dire abandonnés, et devenaient des esclaves de ceux qui les recueillaient. Parfois même, pour éponger des dettes trop criantes, ou parce qu'il ne pouvait nourrir une famille nombreuse, le père vendait son enfant et savait qu'il le réduisait ainsi en esclavage.
Enfin, au commencement de l'histoire de Rome, en un temps de grandes pénuries d'esclaves, la législation imagine, imitant en cela les civilisations orientales, l'esclavage pour dette. Les citoyens incapables de rembourser leurs usuriers, donc insolvables, sont mis aux fers, puis au bout de quelques semaines, ils sont exécutés ou vendus.
En 325 une loi, dite loi Pétilia, met fin à cet abus et supprime en fait l'esclavage pour dettes, affront fait à la noblesse de la citoyenneté romaine qui n'aurait jamais dû être révocable. Cette loi soutient « qu'aucun citoyen, s'il n'était prévenu d'un crime, ne pût, avant de subir sa peine, être retenu dans les entraves ou dans les liens, que les créanciers eussent pour garant les biens des débiteurs et non sa personne ». Par là les citoyens détenus pour dettes, furent délivrés, et on prenait soin qu'ils ne pussent être détenus à l'avenir.
L'esclavage pour dettes n'est plus appliqué que sur des étrangers ou sur les indigènes de nations dites « alliées ». Ceux-ci refusent-ils de payer l'impôt aux publicains romains, ils sont immédiatement vendus comme esclaves.
Ces mesures draconiennes si elles augmentent le nombre des esclaves provoquent aussi le mécontentement des nations et réduisent fortement le nombre des soldats alliés sur lesquels Rome espère compter lors de ses campagnes, comme l'atteste cette anecdote :
« Pendant son expédition contre les Cimbres, Marius fut autorisé par le Sénat à tirer des troupes auxiliaires des nations transmarines. Marius envoya donc des députés auprès de Nicomède, roi de Bithynie pour lui demander des secours. Ce dernier répondit que la plupart des Bithyniens avaient été enlevés par les percepteurs d'impôts et servaient comme esclaves dans les provinces. Le Sénat rendit alors un décret, d'après lequel aucun allié de condition libre ne devait servir comme esclave dans les provinces et les préteurs furent chargés de l'exécution de ce décret. » .

En revanche, l'esclavage de naissance présente de nombreux avantages. Un enfant né d'une mère esclave est esclave.
Ce verna qui n'a pas connu la liberté et qui est élevé dans la demeure du maître, hors de toutes influences étrangères, est un esclave à la fois disponible, confiant, souple et très attaché à son maître. Il n'a rien coûté ; il est simplement le fruit gratuit d'un capital-esclave, du placement de l'acheteur sur une esclave féconde.
Quand au premier siècle il devient de plus en plus difficile de s'approvisionner en esclavés et que la main-d'oeuvre servile vient à manquer, on élève des petits verna comme des poulains pour le travail et les différentes fonctions que réclament l'envahissement du luxe au sein des grandes familles romaines.
Voici donc des hommes et des femmes, des enfants, dépouillés de leur liberté et de leur dignité qui forment peu à peu le peuple immense et anonyme des esclaves. Sur les routes terrestres et maritimes, ils sont drainés pour une part vers les provinces, pour une autre part, la plus importante, vers l'Italie et vers Rome afin d'être répartis et distribués selon les lois de l'offre et de la demande : ainsi au sortir d'harassants périples où beaucoup ont péri, ils deviennent des marchandises, au même titre que les épices, les soieries, les fruits et les légumes importés et sont soumis aux usages du commerce.

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Les esclaves