Le recrutement des gladiateurs
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les gladiateurs

Avec l'Empire, avec sa diffusion dans les provinces, le « munus », (c'est le terme technique), constitue une pièce essentielle de toute carrière politique (son origine funéraire est totalement oubliée) : c'est avec lui que l'on devient populaire ou que l'on tient son rang. Telle une traînée de poudre, la gladiature se répand partout, des amphithéâtres se construisent, y compris dans de petits centres, les combats se multiplient, des sommes fantastiques s'engouffrent dans leur organisation et dans les monuments qui les accueillent. Le succès de la gladiature vient donc de ce qu'elle plaît et de ce que le notable, pour plaire à son tour, doit passer par elle : pour réussir une carrière, il faut offrir des jeux
Leur réussite repose d'abord sur la qualité des combattants, et elle ne peut être garantie que par le volontariat. Les gladiateurs, ce ne sont donc pas des condamnés que l'on force à entrer dans l'arène, ils y feraient pâle figure (ne confondons pas : on a bien livré des condamnés à toutes sortes d'ingénieux supplices, mais cela n'a rien à voir avec la gladiature); par exception, il arrive que l'on amène un condamné qui semble doué à s'engager dans l'arène, avec la perspective, au bout de quelques combats victorieux, de sauver sa peau, mais ces cas sont minoritaires.
Les gladiateurs, ce sont soit des esclaves, soit des hommes libres dont l'engagement est volontaire. S'il survit, l'esclave a quelque chance de gagner son affranchissement et l'homme libre, d'amasser de l'argent. Un légionnaire, par an, gagne à peine le tiers du cachet de plus bas.

un gladiateur au cirque

La première chose à faire, lorsqu'une nouvelle recrue arrive à la caserne‑école où sont formés les gladiateurs, c'estde changer son nom.
L'usage le veut ainsi. Tout le monde, dans le métier, s'affuble d'un pseudonyme, le plus claquant possible. Il paraît que cela fait mieux sur les affiches que l'on placarde dans les rues et au forum, quinze jours avant le spectacle. Les autres se sont fait un plaisir de se présenter sous ces identités d'emprunt : Hector, Ajax, Achille, Hercule... Narcisse et Adonis, ce n'est pas la peine de leur demander pourquoi ils ont choisi ces noms-là : ils sont beaux à tomber, la coqueluche de toutes les filles qui traînent autour de la caserne, et même de ces grandes dames discrètement voilées qui se font déposer devant la porte par des litières aux rideaux tirés.
Smaragdos l'Emeraude et autres Perle, Béryl ou Améthyste, disent qu'ils valent leur pesant d'or, pour les parieurs. Victor le Victorieux, Triumphus le Triomphant, Polynice, l'homme aux nombreuses victoires, Invictus l'Invaincu, ont choisi des prénoms propitiatoires, destinés à attirer et garder la chance.
Pikridis le Cruel,Tigris le Tigre, Ferox le Féroce, Leo le Lion, Anemios l'Ouragan cherchent à faire peur d'avance à l'adversaire. Pinnas l'Emplumé a brandi un casque couvert de plumes, son fétiche.

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