Pline l'Ancien... Une illustre victime du Vésuve
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mort de pline l'ancien

Je les vois, les prêtres d'Isis, qui, au moment de l'éruption, prenaient leur repas. D'abord, ils ont voulu sauver le trésor du temple, ils l'ont confié à l'un des leurs. Il n'est pas allé bien loin : il s'est abattu dans la rue voisine avec son sac d'or, ses statuettes, ses coupes et les objets du culte. Les autres prêtres ont cherché dans le temple l'abri le plus sûr. Un mur s'écroulant a fait de l'un d'eux un emmuré. Une hache à la main, il a tenté d'abattre les cloisons. Il triomphe d'une première, d'une deuxième. Devant la troisième, l'asphyxie a eu raison de lui. Deux prêtres ont pu gagner le forum triangulaire. Une colonnade les a écrasés. Vaut-il mieux mourir asphyxiés ou écrasés ?
Je pense aussi aux gladiateurs. Ils se sont barricadés dans l'un des bâtiments de leur caserne. Dans une première pièce, trente-quatre ont péri. dans une autre, dix-huit, et, parmi eux, une femme sur laquelle on a trouvé de très beaux bijoux. Peut-être cette femme est-elle morte d'être venue rendre visite à un combattant qu'elle aimait ? Je pense à ces deux gladiateurs enchaînés dans leur cellule et que nul n'est venu délivrer.

Ce jour-là, Pline l'Ancien était à Misène, où il commandait la flotte. Aux environs de la septième heure —13 heures — sa soeur, alors à Herculanum, lui fit porter un billet : une nuée venait d'apparaître dans le ciel « d'une grandeur et d'un aspect excep­tionnels ». Curieux de toutes choses, Pline gagna l'endroit d'où on pouvait le mieux l'observer. Son neveu raconte : « Montait une nuée (de loin, on ne pouvait savoir de quelle montagne ; ensuite on sut qu'il s'agissait du Vésuve) ; elle ressemblait très exactement à un pin. De fait, étirée en une espèce de tronc, très long, elle se déployait dans les airs en rameaux ; je crois qu'elle avait été portée par un récent courant d'air, puis, quand ce­lui-ci était retombé, la nuée, laissée seule ou vaincue par son propre poids, s'évanouissait en s'élargissant, blanche parfois ».

Pline était un savant renommé. Il voulut en savoir davantage et fit armer une galère, sur laquelle il s'embarqua pour observer de plus près le phénomène. Il allait débarquer à Stabies malgré la chute des pierres ponces et des cendres qui, déjà, s'étaient abattues sur sa galère et qui redoublèrent dès qu'il mit pied à terre. Il s'abrita dans la maison de son ami Pomponianus et y passa la nuit. Le lendemain, alors qu'il cherchait à s'embarquer de nouveau, les gaz le rejoignirent. « S'appuyant sur deux jeunes esclaves, dit encore Pline le Jeune, il se leva et retomba aussitôt. Quand le jour revint — c'était le troisième depuis celui qu'il avait vu pour la dernière fois — son corps fut trouvé intact, en parfait état et couvert des vêtements qu'il avait mis à son départ. Son attitude était plus semblable à celle d'un homme qui se repose qu'à celle d'un mort. ».
Le Vésuve venait de faire sa plus illustre victime.
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Le drame de Pompéi