Des combats très coûteux
rideau
la gloire du gladiateur

L'aspect financier des munera dut également limiter le nombre des combats à mort. Les jeux étaient soumis à la liturgie chère à l'Antiquité ; il appartenait donc aux plus riches de se comporter en mécènes et de les financer. Bien que les documents soient rares, on sait, grâce à une inscription du III` siècle apr. J.-C., que Titus Sennius Solemnis, magistrat de Lugdunum, offrit au peuple de sa ville trente-deux paires de gladiateurs. Cela lui aurait coûté la somme fabuleuse de 332 000 sesterces, soit, au bas mot, et bien que les conversions soient toujours délicates, un million de francs ; et encore, sur les trente-deux paires de combattants, il n'y eut que neuf combats à mort.
Avec de tels tarifs pour organiser un munus, on conçoit pourquoi, dans l'amphithéâtre, il y avait des exécutions à la peine capitale, des variétés, des duels avec des armes mouchetées, et que les vrais gladiateurs n'intervenaient généralement que dans l'après-midi.
Les duels étaient organisés selon la force des champions. Les vainqueurs ont laissé des inscriptions de ce type : « Au dieu Mars, Callimorphus, gladiateur de seconde lame et sa troupe en l'accomplissement d'un voeu .» Quel put être le voeu ? La victoire, l'honneur, la considération, la gloire, la baguette en forme d'épée (rudiarius) qui, après trois ans, affranchissait celui qui avait réussi à survivre. Mais ce put être encore l'argent ou l'amour.

gladiateurs à rome

Car il arrivait que ces héros amassent des fortunes et connaissent d'incroyables aventures amoureuses. Ainsi, le soir où disparut Pompéi, une richissime patricienne, à en juger par sa toilette et ses bijoux, fut recouverte de cendres alors qu'elle venait de pénétrer dans l'enceinte de la caserne des gladiateurs. On peut supposer, avec une assez grande vraisemblance, qu'elle venait retrouver un champion. Comme quelques-unes des victimes de la catastrophe, l'empreinte de son corps a été retrouvée, puis moulée par les fouilleurs. Mais l'issue de la gladiature était le plus souvent la mort.
Un jour ou l'autre la force, l'adresse ou la chance manquaient. On connaît des épitaphes émouvantes de ce genre : Au rétiaire L. Pompelius, titulaire de neuf couronnes (neuf fois vainqueur) originaire de Vienne ; âgé de vingt-cinq ans. Opta, sa compagne, a consacré ce monument (...) .
Le Romain ne semble pas s'être posé beaucoup de questions sur les motifs qui le poussaient à aimer les jeux de l'amphithéâtre. Ainsi lorsque, dans une de ses Lettres à Lucilius, Sénèque s'indigne du spectacle auquel il vient d'assister, ce n'est pas tellement parce qu'il lui a paru odieux, mais parce que les règles qui gèrent un « beau » combat n'ont pas été respectées. Tout laisse donc penser que ces jeux constituaient une forme banale de loisirs ; Rome ne vécût-elle pas par les armes ?

Titus, à la fin du 1er siècle av. J.-C., offrit 5 000 fauves pour l'inauguration du Colisée ; 900 bêtes furent mises à mort. Le record battu paraît toutefois appartenir à Trajan qui, au début du lie siècle, organisa 117 jours consécutifs de combat au cours desquels 9 824 gladiateurs se rencontrèrent : une moyenne quotidienne de 84 gladiateurs et de 42 duels.

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Les gladiateurs