La femme et l’ancien droit romain
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la place de la femme à rome

Dans l'ancien droit romain, la femme est privée de la plupart des droits de l'homme libre, en raison, dit-on, de la fragilité de son sexe, mais plus exactement par peur de l'influence qu'elle pourrait exercer. Sa condition, en fait, n'est pas très éloignée de celle de l'esclave, à la considération près. Elle est incapable de contracter seule, elle reste une éternelle mineure, soumise d'abord à la tutelle de son père, puis de son mari, et retombant sous la tutelle de ses frères en cas de veuvage. Le mari a sur elle tous les droits, y compris, en théorie au moins, le droit de mort.
Il faudra que les censeurs interviennent pour pénaliser les maris ayant abusé de leur autorité, mais la notion d'abus est assez vague. Le mari a le droit de traduire sa femme devant un tribunal familial et de l'y faire condamner en cas de faute grave, par exemple en cas d'adultère, bien entendu, mais aussi lorsqu'elle a bu du vin, ce qui lui était rigoureusement interdit. Tacite signale encore, sous Néron, probablement le dernier exemple de cette juridiction familiale, devant laquelle un mari traduisit sa femme pour s'être adonnée à des superstitions étrangères ; elle y fut d'ailleurs acquittée. Mais, dans le passé, la femme ne bénéficiait pas toujours d'une pareille indulgence.
Sous réserve du contrôle du censeur sur les abus, le mari peut répudier sa femme. Il suffit, pour cela qu'il lui dise : « Fais tes paquets et rentre chez toi. » Cette formule a une valeur juridique, et entraîne dissolution du mariageet aussi restitution de la dot.
Bref, à lire les traités juridiques, on a l'impression que la vie de la matrone romaine manquait à la fois d'attraits et de sécurité. Heureusement, il y a toujours un décalage important entre les textes et leur application et tout change dans le dernier siècle avant notre ère.

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La femme romaine