Des mariées de douze ans
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mariage à rome

Dans les exemples que nous a laissés l'histoire, les filles sont toujours mariées, en fait, sans avoir été consultées, même si juridiquement elles doivent donner un consentement.
Au surplus, on les mariait très jeunes, souvent même avant qu'elles fussent nubiles. L'âge légal du mariage était de douze ans, mais la fillette pouvait, dès l'âge de sept ans, être fiancée officiellement, et conduite aussitôt dans la maison du fiancé, avec un titre équivalent à celui d'épouse. Sept ans, c'était l'âge à partir duquel la fillette était censée pouvoir donner un consentement valable. Jusqu'à douze ans, elle restait dans une situation provisoire, mais déjà à la disposition du fiancé, auquel il appartenait seul de consacrer éfinitivement l'union. Plutarque rattache cette précocité à une réglementation ancienne, qui remonterait au roi Numa : c'était afin qu'elles apportent sûrement à leurs époux un corps et un coeur purs et intacts.
Mais il y avait d'autres raisons : désir d'établir des liens entre deux familles, crainte de se laisser devancer dans le choix d'un riche héritière, désir du mari de former sa femme à son goût, parfois hâte du père à s'en débarrasser. A partir d'Auguste s'y ajouta le souci d'échapper à l'impôt sur les célibataires, dont les fiançailles de ce genre exonéraient. Fiançailles et mariage étaient alors presque identiques, et créaient des droits presque équivalents. C'est lors des fiançailles qu'on échangeait les anneaux, et que la fiancée changeait de domicile.
Ce système des mariages imposés par les familles ne produisit pas que des unions désastreuses. Certaines furent même très heureuses, et le plus bel exemple en est celle qui fut conclue entre Julia, fille de Jules César, et le grand Pompée.

accouchage dans la rome antique

Mais à en croire Plutarque, contrairement aux Grecques mariées après la puberté, les Romaines traumatisées par une défloration précoce ont peur de leur mari. Néron fêtant ses noces homosexuelles va, dit Suétone, jusqu'à imiter les cris et hurlements des vierges que l'on déflore. La consommation brutale est donc, soit une réalité courante, soit un fantasme bien ancré dans les mentalités de l'époque.
La mortalité élevée des femmes en couches, particulièrement à Rome, ville insalubre s'il en est, incite vraisemblablement au mariage précoce. Sous l'Empire romain, la moitié des femmes meurent avant quarante ans, rançon de la natalité et, pour les femmes de classes inférieures, d'un travail rude, quasiment à égalité avec les hommes.

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La femme romaine