Les lois de la guerre
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emmenes comme esclaves

Au commencement de son histoire, l'indigène qui se promène de l'autre côté du Tibre sur le territoire de Véies, prend aux yeux des Romains l'aspect repoussant et odieux de l'étranger, c'est-à-dire de l'ennemi : la langue latine ne fait pas la distinction entre ces deux notions ; elle utilise un seul mot, Hostis.
Aussi est-ce sans remords que les Romains de la période archaïque, aux temps des rois, et au début de la République, font de larges razzias chez leur voisins, ramènent des milliers de captifs, femmes, hommes et enfants, servant de vulgaire butin aux soldats en vertu du principe que le vaincu est à la disposition du vainqueur.
Bien souvent il est vrai, au lieu de réduire en esclavage les nations et les villes conquises, Rome les transformera, non sans ambiguïté, en alliées et amies du peuple romain : elle ne peut logiquement régner sur un empire d'esclaves. Parfois, par souci de publicité, elle fera preuve de magnanimité à l'égard des vaincus. Mais si Rome trouve en face d'elle un adversaire décidé, elle n'hésite pas à transformer les prisonniers en esclaves.
L'empire carthaginois est ainsi saigné par Rome au cours des trois guerres puniques et sous tous les fronts où elles se déroulent pendant un siècle (267-146 av. J.-C.). En Afrique, en Espagne, en Italie, en Grèce, elles drainent vers l'Italie des centaines de milliers d'esclaves.
A Agrigente, en Sicile, 250 000 personnes; à Palerme, toujours en Sicile, 14 000 prisonniers; à Capoue les habitants qui avaient collaboré avec l'ennemi carthaginois sont tous réduits en esclavage. En Afrique, au cours des opérations que Scipion mène pendant la troisième guerre punique (148 à 146), plus de 20 000 prison­niers seront mis à la disposition des Romains.
Une fois Carthage anéantie et les sun niants vendus sur les marchés d'esclaves, les Romains achèvent la conquête de la Grèce. Certaines cités qui s'étaient alliées aux ennemis de Rome sont vouées au pillage sur l'ordre du Sénat en 166. Paul Émile pénètre ainsi avec ses troupes dans les villes d'Epire.
L'or, l'argent et un considérable butin sont amassés, mais surtout on réduit en esclavage 150 000 habitants, chiffre considérable.

la guerre dans la rome antique

Plusieurs années passent en diverses opérations militaires. puis la fièvre de conquête s'apaise, Rome désormais regorge d'esclaves. Mais déjà les premiers envahisseurs barbares menacent la République. A Aix en 102 et à Verceil en 101, les Teutons et les Cimbres sont défaits par les armées de Marius qui emmène en captivité, respectivement 90 000 et 60 000 fu­turs esclaves.
Ce ne sont là que quelques chiffres : ils ne représentent que le dixième du nombre total des esclaves dont Rome dispose à la fin de la conquête au IIe siècle. Et la dernière expédition de Rome, celle dirigée contre la Gaule rapportera plus d'un million d'esclaves!
C'est surtout la Thrace, la Dacie, la Scythie, la Gétie, la Phrygie, le Pont, le Sud-Est de l'Europe occidentale et une partie de l'Asie Mineure qui fourniront la majeure partie du « cheptel esclave ».
Il est vrai que les lois de la guerre, pour atroces qu'elles soient. sont connues dans l'Antiquité. Chaque soldat qui part en campagne sait qu'il risque non seulement sa vie, mais aussi sa liberté.

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