Les droits civiques
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Pendant longtemps, seuls ceux qui n'ont pas à travailler pour vivre acceptent de perdre plusieurs dizaines de journées par an en vue d'exercer leurs droits civiques, et d'ailleurs, selon Aristote : « La perfection du citoyen ne se trouve que dans l'homme libre qui est affranchi des tâches indispensables ». Pour tenter de remédier à cette forte abstention des citoyens les plus pauvres, la démocratie athénienne crée, à partir du début du IVe siècle, une indemnité journalière, le misthos, pour dédommager et encourager les citoyens qui sacrifient une partie de leur temps à l'accomplissement de leur devoir civique ; les oisifs de l'agora sont parfois même poussés par les archers scythes qui assurent les tâches de police municipale vers le lieu de réunion de l'ecclésia.
Alors se serait opéré, d'après certaines sources, un renversement de tendance : l'absentéisme progressif des citoyens les plus fortunés aurait entraîné une composition sociale nouvelle de l'ecclésia, où auraient désormais dominé, selon Xénophon, « des foulons, des cordonniers, des charpentiers, des forgerons, des laboureurs, des marchands, des trafiquants du marché », bref, des citoyens plutôt pauvres, des travailleurs manuels, dont ne tardera pas à se méfier Aristote, qui n'hésite pas à poser la question : « Doit-on aussi admettre comme citoyens les travailleurs manuels ? ». Non que l'on se défie de leurs idées, mais parce que, estime le philosophe, « on ne peut s'adonner à la pratique de la vertu, si l'on mène une vie d'ouvrier ou de manoeuvre » ; car la participation aux affaires de l'Etat exige, pense-t-il, des qualités morales qu'il croit réservées aux hommes qui ont eu le loisir de s'instruire et de se former. Quelle que soit la fraction sociale dominante à l'ecclésia, le citoyen de base se contente en fait, le plus souvent, de suivre l'opinion d'un tribun éloquent qui entraîne son adhésion.
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