La vie du citoyen athénien
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La douce vie du citoyen
S'il est assez riche pour en posséder, le citoyen est servi par des esclaves, et choyé par les femmes de la maisonnée. Il sort quand il le veut ou quand il le doit, plus ou moins bien vêtu selon ses moyens et selon ses goûts, en général drapé dans un chiton (tunique) et un himation (manteau) bien propres, tenant parfois une canne à la main ; il sort de temps en temps en famille, mais souvent seul ou accompagné d'un esclave qui porte éventuellement ses paquets ou les objets dont il peut avoir besoin, notamment une torche, la nuit. Il se rend souvent du côté de l'agora, pour retrouver des amis et bavarder.
Tant qu'il est jeune, il peut aller s'adonner à des exercices sportifs à la palestre, se faire masser, se doucher, et en profiter pour écouter les conférences souvent organisées dans le cadre du gymnase ; s'il est vieux, il peut aller admirer les jeunes  gens  dans leurs  activités sportives (bien que la venue des hommes âgés à la palestre soit parfois réglementée, afin d'éviter que les homosexuels n'aillent importuner les éphèbes) et discuter avec eux ou avec ses contemporains. De temps en temps, s'il a une certaine aisance financière, il invite chez lui quelques amis, uniquement des hommes, des citoyens, pour un dîner suivi d'un symposium, c'est-à-dire d'une sorte de banquet où l'on devise en buvant, allongé sur un lit destiné  à  ce genre  de  réunions ; parfois, c'est lui qui est invité et qui va passer la soirée, entre hommes, chez un ami ; les seules femmes éventuellement présentes  sont,  s'il s'agit d'un banquet de riches, des danseuses ou des acrobates louées pour un spectacle, ou des courtisanes joueuses de flûte invitées pour le plaisir que peut procurer leur compagnie.

hoplites

L’engagement militairte
Quelle que soit sa situation de fortune ou son lieu de résidence en Attique, le citoyen peut ou doit, selon le cas, participer à la vie militaire, à la vie politique et judiciaire et à la vie religieuse de son pays. Une fois inscrit sur les registres du dème, après une sorte de conseil de révision qu'on appelle doki­masie (le mot signifie mise à l'épreuve, vérification), le citoyen athénien fraîchement émoulu, âgé d'environ 18 ans, est immédiatement mobilisable en cas de guerre. En temps de paix, il est convié à une sorte de retraite, nommée éphébie, qui devient, à partir du milieu du IVe siècle, un service de deux ans avec entraînement militaire en caserne et séjour en garnison dans les forteresses qui gardent les frontières septentrionales de l'Attique (notamment Rhamnonte et Phylè, dans le massif du Pamès) ; cette période est aussi une sorte de noviciat civique, de préparation morale et religieuse à l'exercice des droits et des devoirs du citoyen, avec prestation d'un long serment patriotique. S'il y a mobilisation, et c'est souvent le cas aux Ve et IVe siècles, que ce soit pour lutter contre les Barbares au moment des guerres médiques ou contre d'autres Grecs pendant la guerre du Péloponnèse, la guerre de Corinthe ou la résistance face à Philippe II de Macédoine, le citoyen athénien âgé de 20 à 60 ans sera affecté à tel ou tel pôste en fonction de sa fortune personnelle.
Quand il atteint l'âge de 50 ans, il devient vétéran et ne saurait être envoyé hors de l'Attique. Les plus pauvres, les dites, sont rameurs sur les trières, peltastes (fantassins équipés d'un bouclier léger, la pelta, en forme de croissant de lune, et d'un poignard), archers ou acontistes (munis d'un javelot) ; les plus riches sont hoplites, c'est-à-dire fantassins de l'infanterie lourde, armés de la lance et de l'épée et protégés par une panoplie en bronze qui comprend casque, cuirasse, cnémides (ou jambières) et bouclier, rond ou échancré, orné du côté extérieur d'un emblème central (ou épisème), équipé à l'intérieur d'une poignée et d'un brassard, et souvent garni vers le bas d'un tablier en cuir destiné à la protection des jambes ; chaque citoyen doit fournir et entretenir son équipement, y compris son cheval s'il sert dans la cavalerie, ce qui réserve en fait ce corps aux citoyens les plus riches, même si une aide de la cité leur est accordée à partir de 457.

guerriers grecs antique
La vie militaire peut être très rude, comme en témoigne le passage célèbre du  Banquet de Platon où Alcibiade nous raconte comment Socrate, lors du siège de Potidée, vers 430, endurait sans sourciller toutes les difficultés de la vie du combattant.
« Chaque fois que, coupés de nos réserves, comme il arrive fréquemment en campagne, nous en étions réduits aux pires privations, personne ne savait le supporter comme lui... Devant les rigueurs de l'hiver (car les hivers, dans cette région-là, sont redoutables), son endurance n'en était pas moins remarquable : ainsi, le jour qu'il y avait une gelée des plus terribles et que tous les hommes restaient à l'abri ou, s'ils sortaient,se couvraient de vêtetements extraordinaires, les pieds ficelés et entortillés dans du feutre ou des peaux d'agneau, il sortit, lui, dans ces circonstances, vêtu de son seul manteau habituel, et il marchait pieds nus sur la glace avec plus d'aisance que ceux qui étaient chaussés ».
Toutes les expéditions ne connaissaient sans doute pas de moments aussi pénibles, mais un logement sommaire sous la tente, joint aux difficultés de soins et de ravitaillement faisaient que le soldat-citoyen ne devait que rarement apprécier sa situation, même s'il touchait, à partir du milieu du Ve siècle, une modeste solde. Le soldat doit évidemment obéir à ses chefs, l'autorité suprême appartenant à un magistrat à fonction militaire, le stratège. Le droit de la guerre reste en tout cas très dur pendant toute l'Antiquité. Le citoyen n'a pas le monopole de l'activité militaire : les troupes athéniennes comprennent aussi des métèques, parfois des esclaves, et quelques contingents de mercenaires ; mais c'est lui qui forme l'ossature de l'armée de la cité.
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