A Athènes et Sparte

Grèce antique
Mariage et divorce

A Sparte, les célibataires endurcis étaient punis par la loi. A Athènes, il n'y avait pas d'obligation juridique, mais la pression de l'opinion publique était forte, car le célibat masculin était entouré de mésestime et de blâme. Cependant ceux dont le frère aîné s'était marié et avait des fils pouvaient plus facilement se dispenser du mariage.
Il semble bien en effet que la plupart des Athéniens se mariaient par convenance religieuse et sociale, non par goût.
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Un citoyen athénien se marie essentiellement pour avoir des enfants ; il espère que ceux-ci, non seulement prendront soin de sa vieillesse, mais surtout l'enseveliront selon les rites et continueront après lui le culte familial. La raison première du mariage est d'ordre religieux, et, sur ce point, les conclusions de Fustel de Coulanges, dans la Cité antique, restent pleinement valables : on se marie avant tout pour avoir des enfants mâles, au moins un, qui perpétuera la race et assurera à son père le culte que lui-même a célébré pour ses ancêtres, culte qui est considéré comme indispensable au bonheur des défunts dans  l'autre monde.
A Sparte, les célibataires endurcis étaient punis par la loi. A Athènes, il n'y avait pas d'obligation juridique, mais la pression de l'opinion publique était forte, car le célibat masculin était entouré de mésestime et de blâme. Cependant ceux dont le frère aîné s'était marié et avait des fils pouvaient plus facilement se dispenser du mariage.
Les Athéniennes se mariaient vers l'âge de quatorze ou quinze ans
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Mariage à Athènes et à Sparte

Le jour des noces

Le jour des noces les maisons de l'épouse et du mari sont décorées de guirlandes de feuilles d'olivier et de laurier, et il y a sacrifice et banquet chez le père de la fiancée. Celle-ci y assiste, voilée, dans ses plus beaux atours, avec une couronne sur la tête ; elle est entourée de ses amies et elle a à ses côtés la nympheutria, une femme qui la dirige et l'assiste dans les cérémonies du mariage. Le fiancé, de même, a toujours auprès de lui son garçon d'honneur, le parochos.Bien entendu, dans la salle du banquet, les hommes sont placés à part des femmes.
Le repas de noces comporte certains mets qui sont traditionnels, par exemple des gâteaux de sésame, gage de fécondité. Parmi les convives circule un jeune garçon dont les parents sont vivants, il offre le pain dans une corbeille en prononçant des mots rituels qui rappellent certaines formules des religions à mystères « J'ai fui le mal, j'ai trouvé le mieux. » A la fin du repas, la fiancée recevait des cadeaux. Peut-être alors se dévoilait-elle, mais ce n'est pas sûr.
Vers le soir enfin le cortège se formait, qui allait conduire la fiancée à sa nouvelle maison. Autrefois, ce transfert prenait les apparences d'un rapt, et cette tradition s'était conservée à Sparte : On se mariait à Lacédémone en enlevant sa femme. La jeune fille enlevée était remise aux mains d'une femme appelée nympheutria, qui lui coupait les cheveux ras, l'affublait d'un costume et de chaussures d'homme et la couchait sur une pail­lasse, seule et sans lumière. Le fiancé qui avait pris son repas en commun avec ses compagnons, comme d'habitude, entrait, lui déliait la ceinture et, la prenant dans ses bras, la portait sur le lit. Après avoir passé avec elle un temps assez court, il retournait ensuite dormir auprès de ses camarades (Plutarque).

A Athènes, une voiture transportait les deux époux d'une maison à l'autre; c'était ordinairement un char attelé de mulets ou de boeufs, que conduisait un ami du marié. La fiancée portait un gril et un tamis, symboles de sa prochaine activité domestique. Le char avançait lentement, et parents et amis le suivaient à pied, à la lueur des flambeaux, aux accents du chant d'hyménée, avec accompagnement de cithare et de hautbois; la mère de la fiancée tenait elle-même une torche.
A l'entrée de la maison du mari se trouvaient son père et sa mère, celui-là couronné de myrte, celle-ci tenant une torche. On répandait sur la fiancée des noix et des figues sèches, selon un rite qui se pratiquait aussi, à l'entrée d'un nouvel esclave dans la maison. On lui offrait une part du gâteau nuptial, fait de sésame et de miel, et un coing ou une datte, symboles de fécondité.
Puis le couple entrait dans la chambre nuptiale (thalamos), et c'est peut-être alors seulement que l'épouse se dévoilait. La porte était fermée et gardée par un des amis du mari (le thyr6ros), mais les autres chantaient bruyamment un hymne nuptial et faisaient du tapage, pour effrayer, croit-on, les mauvais esprits.
A Sparte, on sait que toute la législation relative à la famille et au rapport des sexes était dominée par un souci d'eugénisme, qui allait jusqu'à permettre au vieux mari d'une jeune femme d'introduire auprès d'elle un jeune homme afin qu'elle en eût des enfants sains et vigoureux. A Athènes, on ne va pas jusque-là, mais nous devons constater que rien, dans la préparation ni dans les rites du mariage, ne met l'accent sur l'affection et . l'amour mutuels des époux.
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Divorce...Le mari a toujours raison

Un mari a toujours le droit de répudier sa femme, même s'il n'a aucun motif à faire valoir. L'adultère de l'épouse, lorsqu'il est juridiquement établi, rend même obligatoire la répudiation, sous peine d'atimie pour le mari.
La stérilité devait être une cause fréquente de répudiation : en effet, puisqu'un homme se mariait principalement pour assurer la continuité de la famille et de la cité, il ne faisait, en renvoyant sa femme stérile, que remplir une obligation patriotique et religieuse. D'autre part, la grossesse de la femme n'était pas un obstacle à la répudiation. Mais le mari qui renvoyait sa femme devait rendre la dot, et cette obligation constituait le seul frein —mais dans de nombreux cas, sans doute, un frein efficace — à la multiplicité des divorces.
Si le divorce par la volonté du mari n'est soumis à aucune formalité, il en va tout autrement de la séparation souhaitée par l'épouse, puisque celle-ci est placée par les lois dans un état permanent d'incapacité. La femme n'a qu'un recours : c'est d'aller trouver l'archonte, protecteur naturel des incapables, et de lui remettre un écrit où sont exposés les motifs sur lesquels elle fonde sa demande de séparation.
C'est l'archonte qui, seul, apprécie la gravité des offenses subies par l'épouse, et il est fort probable que l'infidélité patente du mari ne suffisait pas à lui faire décider la séparation, car les moeurs toléraient parfaitement la liberté sexuelle du mari, mais les coups et mauvais traitements subis par l'épouse devaient constituer un motif valable, s'ils étaient établis par l'enquête. Cependant, l'opinion publique était défavorable aux femmes qui se séparaient ainsi de leur mari.
Aspasie
Née à Milet, cette belle femme, intelligente et cultivée, gérante d'un bordel à Athènes (plus semblable à un salon social qu'à une maison close), séduisit Périclès, qui divorça pour aller vivre avec elle.
Aspasie ne pouvait hériter du bien paternel. Mais, en tant que seule héritière (épicière), elle pouvait le transmettre à ses enfants, à condition d'épouser son parent le plus proche dans la lignée paternelle, un oncle ou à défaut un cousin. Cela pouvait entraîner, pour celui qui réclamait l'héritage et la fille, la rupture d'un mariage antérieur. On a de nombreux exemples de telles situations. D'autres raisons pouvaient amener un homme à se séparer de sa première épouse si celle-ci ne lui avait pas donné de fils en particulier. Un exemple célèbre prouve aussi que des facteurs plus personnels pouvaient intervenir : Périclès remaria son épouse à l'un de ses amis pour pouvoir vivre avec la femme qu'il aimait, la célèbre Aspasie, qui n'était pas athénienne et qu'il ne pouvait épouser légitimement. Parce que c'était Périclès, il réussit à contourner la loi qu'il avait lui-même établie et à faire reconnaître comme athénien le fils qu'il avait eu de sa maîtresse, après la mort de ses deux fils légitimes. Le mariage proprement dit revêtait un caractère religieux. La jeune fille, qui jusque-là avait vécu auprès de sa mère, quittait la maison de son père pour celle de son époux. Auparavant avait eu lieu un sacrifice aux divinités protectrices du mariage, Héra mais aussi Zeus et Déméter, suivi d'un banquet offert par le père de la jeune fille. Celle-ci avait également consacré aux dieux ses jouets — les filles se mariaient à 14 ans — et pris un bain rituel. La procession avait lieu à la nuit tombée, à la lueur des torches. La jeune fille, montée sur le char nuptial, était entourée de ses compagnes. Arrivée devant la maison de son époux, elle était accueillie par les parents du jeune homme et l'on jetait sur le couple des noix et des figues sèches, symboles de fécondité, tandis que les compagnons du marié entonnaient des chants d'hyménée.
Quelle vie attendait la jeune femme à partir de ce moment ? Si les parents de son époux vivaient encore, elle n'occupait qu'une place modeste aux côtés de sa belle-mère et des autres femmes de la famille, soeurs non encore mariées ou parentes veuves. Une femme en effet ne pouvait vivre seule, à moins d'être une courtisane, telle la belle Théodotè avec laquelle Socrate aimait à s'entretenir et qui vivait dans sa propre maison au milieu de ses servantes.

Le cas de Périclès et Aspasie

A sparte le rituel nuptial consiste en un rapt simulé de la future mariée à son domicile. Lejeune homme enlève sa promise, l'emporte chez lui puis la ramène chez ses parents. Cela peut durer des années, le temps pour le garçon d'être considéré comme apte au mariage.