La femme au Gynécée
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Le mariage ne met pas fin à la vie sédentaire et confinée des femmes. Certes, à Athènes, les gynécées ne sont pas pourvus de portes fermées à clef (sauf la nuit) ni de fenêtres grillagées, mais la coutume suffit pour retenir les femmes à la maison. Cette coutume est rigoureuse et s'exprime en formules impératives : « Une honnête femme doit rester chez elle ; la rue est pour la femme de rien. » On suspecte même celle qui s'attarde, par curiosité, à la porte de sa maison. Ce sont les hommes ou les esclaves qui, ordinairement, vont faire à l'agora les achats nécessaires à la vie quotidienne.
Cependant, il importe ici de distinguer les différentes classes sociales. Les Athéniens pauvres, qui ne disposaient que d'un logis exigu, permettaient plus facilement à leurs femmes de sortir. Celles-ci, d'ailleurs, étaient souvent contraintes de travailler au-dehors pour assurer la subsistance de la famille : nous savons, par exemple, que beaucoup d'entre elles se faisaient revendeuses sur le marché.
Au contraire, les Athéniens de la classe moyenne et ceux de la classe riche semblent avoir été beaucoup plus stricts sur ce point, mais aussi leurs femmes disposaient d'un plus vaste gynécée, et souvent d'une cour intérieure où elles pouvaient prendre l'air à l'abri des regards indiscrets.

Une femme, même appartenant à la bourgeoisie, avait, de temps à autre, un achat personnel à faire — vêtement ou chaussures —qui l'obligeait à sortir. Dans ce cas, elle était nécessairement accompagnée d'une suivante, c'est-à-dire de l'une de ses esclaves. Mais c'est surtout à l'occasion des fêtes de la cité et des événements familiaux que les femmes sont amenées à sortir de chez elles.
La femme ne doit même pas s'intéresser à ce qui se passe hors de sa maison : cela regarde l'homme, et lui seul. Elle n'a d'ailleurs pas souvent l'occasion de parler longuement à son mari, qui est presque toujours dehors et qui, semble-t-il, ne prend pas habituellement ses repas avec sa femme.
Quand un Athénien invite des amis chez lui, sa femme ne paraît pas dans la salle du festin, l'andrôn, sinon peut-être pour surveiller les esclaves qui servent le repas, et elle n'accompagne pas son mari quand il est lui-même convié par un ami. C'est seulement dans les fêtes de famille que les femmes se mêlent aux hommes.

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